**LECTURES SUR LE FASCISME ET LE NATIONAL-SOCIALISME**
Sélectionnées par les membres du Département de Philosophie, Université du Colorado
ALAN SWALLOW
Denver
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**NOTE PRÉLIMINAIRE**
Les lectures qui suivent sont présentées pour encourager l'étudiant à clarifier sa pensée sur la philosophie sociale. Il devra donc déterminer si ces lectures contiennent un ensemble plus ou moins cohérent d'idées constituant une philosophie sociale. Il devra également soulever la question plus fondamentale de savoir si ces idées sont acceptables. Pour parvenir à une réponse satisfaisante à cette dernière question, il devra nécessairement comparer les idées du fascisme et leurs significations pratiques avec les alternatives, réelles et idéales, qui sont la substance des questions philosophiques actuelles.
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**TABLE DES MATIÈRES**
La Doctrine du Fascisme par Benito Mussolini
La Doctrine Politique du Fascisme par Alfredo Rocco
La Base Philosophique du Fascisme par Giovanni Gentile
Le National-Socialisme par Raymond E. Murphy, Francis B. Stevens, Howard Trivers, Joseph M. Roland
Le National-Socialisme et la Médecine par le Dr F. Hamburger
Bibliographie Sélective
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**LA DOCTRINE DU FASCISME** Par BENITO MUSSOLINI
Extrait de l'ENCYCLOPÉDIE ITALIENNE. Vol. XIV
La traduction anglaise des « Idées Fondamentales » est de M. I.S. Munro, reproduite avec son aimable autorisation de « Fascism to World-Power » (Alexander Maclehose, Londres, 1933).
**IDÉES FONDAMENTALES**
1. **Conception Philosophique**
Comme toute conception politique concrète, le fascisme est pensée et action. C'est une action dotée d'une doctrine inhérente qui, émergeant d'un système donné de forces historiques, s'y insère et y travaille de l'intérieur. Elle a donc une forme corrélée aux contingences du temps et du lieu ; mais elle possède en même temps un contenu idéal qui l'élève au rang de formule de vérité dans la sphère supérieure de l'histoire de la pensée.
Il n'existe aucun moyen d'exercer une influence spirituelle sur les choses du monde par le biais d'une volonté humaine commandant les volontés d'autrui, sans avoir d'abord une conception claire de la réalité particulière et transitoire sur laquelle la volonté doit agir, et sans avoir également une conception claire de la réalité universelle et permanente dans laquelle la réalité particulière et transitoire puise sa vie et son être. Pour connaître les hommes, il faut avoir une connaissance de l'homme ; et pour avoir une connaissance de l'homme, il faut connaître la réalité des choses et leurs lois.
Il ne peut y avoir de conception de l'État qui ne soit fondamentalement une conception de la Vie. C'est une philosophie ou une intuition, un système d'idées qui évolue en un système de contraction logique, ou qui se concentre en une vision ou en une foi, mais qui est toujours, au moins virtuellement, une conception organique du monde.
2. **Conception Spiritualisée**
Le fascisme ne serait donc pas compris dans nombre de ses manifestations (comme, par exemple, dans ses organisations du Parti, son système d'éducation, sa discipline) s'il n'était considéré à la lumière de sa vision générale de la vie. Une vision spiritualisée.
Pour le fascisme, le monde n'est pas ce monde matériel qui apparaît en surface, dans lequel l'homme est un individu séparé de tous les autres, isolé et soumis à une loi naturelle qui l'incite instinctivement à mener une vie de plaisir momentané et égoïste. Dans le fascisme, l'homme est un individu qui est la nation et le pays. Il l'est par une loi morale qui embrasse et unit les individus et les générations dans une tradition et une mission établies, une loi morale qui supprime l'instinct de mener une vie confinée à un bref cycle de plaisir pour, au contraire, la replacer dans l'orbite du devoir, dans une conception supérieure de la vie, affranchie des limites du temps et de l'espace, une vie dans laquelle l'individu, par l'abnégation de soi et par le sacrifice de ses intérêts particuliers, même par la mort, réalise l'existence entièrement spirituelle dans laquelle réside sa valeur en tant qu'homme.
3. **Conception Positive de la Vie comme Lutte**
C'est donc une conception spirituelle, elle-même résultat de la réaction générale du siècle contre le positivisme languide et matérialiste du XVIIIe siècle. Anti-positiviste, mais positive : ni sceptique ni agnostique, ni pessimiste ni passivement optimiste, comme le sont en général les doctrines (toutes négatives) qui placent le centre de la vie en dehors de l'homme, qui par sa libre volonté peut et doit créer son propre monde pour lui-même.
Le fascisme veut que l'homme soit actif et absorbé dans l'action avec toutes ses énergies ; il veut qu'il ait une conscience virile des difficultés qui existent et qu'il soit prêt à les affronter. Il conçoit la vie comme une lutte, pensant qu'il est du devoir de l'homme de conquérir cette vie qui est vraiment digne de lui : en créant d'abord en lui-même l'instrument (physique, moral, intellectuel) avec lequel la construire.
Pour l'individu comme pour la nation, comme pour l'humanité. D'où la haute valeur de la culture sous toutes ses formes (art, religion, science) et l'importance suprême de l'éducation. D'où aussi la valeur essentielle du travail, par lequel l'homme conquiert la nature et crée le monde humain (économique, politique, moral, intellectuel).
4. **Conception Éthique**
Cette conception positive de la vie est évidemment une conception éthique. Et elle englobe toute la réalité ainsi que l'activité humaine qui la domine. Aucune action ne doit être soustraite au sens moral ; rien ne doit exister dans le monde qui soit dépouillé de l'importance qui lui appartient au regard des buts moraux. La vie, telle que la conçoit le fasciste, est sérieuse, austère, religieuse ; entièrement équilibrée dans un monde soutenu par les forces morales et responsables de l'esprit. Le fasciste méprise la vie « facile ».
5. **Conception Religieuse**
Le fascisme est une conception religieuse dans laquelle l'homme est considéré comme étant sous l'emprise puissante d'une loi supérieure, dotée d'une volonté objective qui transcende l'individu particulier et l'élève au rang de membre pleinement conscient d'une société spirituelle. Quiconque s'est arrêté à la simple considération de l'opportunisme dans la politique religieuse du Régime fasciste a échoué à comprendre que le fascisme, en plus d'être un système de gouvernement, est aussi un système de pensée.
6. **Conception Historique et Réaliste**
Le fascisme est une conception historique dans laquelle l'homme ne pourrait être ce qu'il est sans être un facteur du processus spirituel auquel il contribue, que ce soit dans la sphère familiale ou sociale, dans la nation ou dans l'histoire en général à laquelle toutes les nations contribuent. D'où l'importance de la tradition dans les archives, la langue, les coutumes et les règles de la société humaine. L'homme sans part dans l'histoire n'est rien.
Pour cette raison, le fascisme s'oppose à toutes les abstractions de caractère individualiste fondées sur le matérialisme typique du XVIIIe siècle ; et il s'oppose à toutes les innovations et utopies jacobines. Il ne croit pas en la possibilité du « bonheur » sur terre tel que conçu par la littérature des économistes du XVIIe siècle ; il rejette donc toutes les conceptions téléologiques des causes finales par lesquelles, à une période donnée de l'histoire, une systématisation finale de la race humaine aurait lieu. De telles théories ne signifient que se placer en dehors de l'histoire et de la vie réelles, qui sont un flux et reflux continus et un processus de réalisations.
Politiquement parlant, le fascisme vise à être une doctrine réaliste ; dans sa pratique, il aspire à résoudre uniquement les problèmes qui se présentent d'eux-mêmes dans le processus de l'histoire, et qui trouvent ou suggèrent d'eux-mêmes leur propre solution. Pour avoir un effet d'action parmi les hommes, il est nécessaire de s'insérer dans le processus de la réalité et de maîtriser les forces effectivement en jeu.
7. **L'Individu et la Liberté**
Anti-individualiste, la conception fasciste est pour