Fauzi Al-Mansouri, le chef des services de renseignement de l'armée de l'Est en Libye, a été assassiné lundi dans un attentat à la voiture piégée à Benghazi. Il s'agit d'une des premières attaques visant un aussi haut responsable de l'Est depuis une dizaine d'années. Un coup dur pour le clan du maréchal Haftar, qui aspire à un contrôle total du pays.
Le chef des services de renseignement de l'armée de l'Est en Libye, dirigée par Khalifa Haftar, a été tué lundi 11 août dans un attentat à Benghazi, un coup dur pour ce puissant clan qui aspire à contrôler tout le pays.
Le commandement de l'Armée nationale libyenne (ANL) a annoncé dans un communiqué en pleine nuit la mort dans un attentat à la voiture piégée du chef militaire Fauzi Al-Mansouri, l'un des plus importants du pays, fustigeant un "acte lâche et criminel". Sa voiture a explosé "alors qu'il quittait la mosquée après la prière du soir" dans un quartier résidentiel de Benghazi (nord-est), a précisé l'ANL.
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Il s'agit d'une des premières attaques visant un aussi haut responsable de l'Est depuis une dizaine d'années, a dit à l'AFP un spécialiste de la région orientale.
Depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye a plongé dans l'instabilité et les divisions. Elle est gouvernée par deux exécutifs: l'un basé à Tripoli, reconnu par l'ONU dirigé par Abdelhamid Dbeibah et un autre installé à Benghazi, sous le contrôle du clan familial Haftar. L'ANL contrôle l'est depuis 2017 mais fait face à des poches de résistance dans le Sud.
L'ANL et Tripoli dénoncent une attaque "terroriste"
Dans un communiqué mardi soir à l'AFP, Khaled Haftar l'un des deux fils du maréchal occupant les plus hauts postes au sein de l'ANL, a dénoncé une attaque "terroriste". Selon un haut responsable militaire à l'AFP, les autorités de l'est "suspectent" que l'attentat soit "une attaque jihadiste", même si elles "attendent que les investigations soient achevées".
Le bureau de Khaled Haftar a déclaré plus tard, dans un autre communiqué transmis à l'AFP, que les autorités avaient arrêté "une cellule terroriste à Benghazi qui se préparait à des actes de sabotage", sans faire de lien à ce stade avec l'assassinat de Fauzi Al-Mansouri.
Khaled Haftar avait rappelé que Benghazi "a longtemps souffert durant la période 2013–2014, et ses habitants savent pertinemment de quelle nature sont ces criminels". À l'époque, cette métropole et pratiquement tout l'est étaient sous le contrôle de mouvements jihadistes dont Ansar al-Charia, remplacés par le groupe État islamique. Les troupes du maréchal Haftar les ont combattus pied à pied de 2014 à 2017, parvenant à conquérir la partie orientale puis le Sud.
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Fauzi Al-Mansouri, général de brigade quinquagénaire, était originaire d'Ajdabiya (nord-est). Il avait joué entre 2014 et 2017 un rôle crucial dans la victoire des forces pro-Haftar sur les jihadistes dans l'est libyen.
Dans la soirée, le gouvernement de Tripoli a aussi "condamné l'attentat terroriste" contre le général Al-Mansouri. "Dénoncer les actes terroristes et la violence est une question de principe, quelles que soient les positions des uns et des autres", a-t-il dit, appelant le Parquet (à compétence nationale) à "ouvrir une enquête".
L'administration Trump pousse pour une réunification de la Libye
L'attentat a surpris les connaisseurs de l'Est. Car le camp Haftar aime donner l'image d'une maîtrise totale de son territoire face à la région ouest et Tripoli, théâtres d'affrontements sporadiques entre des groupes armés se livrant souvent à de nombreux trafics (gazole, drogue, migrants, etc...).
Khaled Haftar assisté aux funérailles du général al-Mansouri aux côtés de son cadet Saddam, vice-commandant de l'ANL et héritier désigné de son père.
L'attentat constitue un "grave revers pour le dispositif de sécurité" du camp Haftar, compte tenu du "degré de sophistication de l'attaque, menée dans le bastion de l'ANL" qu'est Benghazi, analyse pour l'AFP Hamish Kinnear, du cabinet Verisk Maplecroft. Il intervient aussi alors que l'administration américaine de Donald Trump pousse pour une réunification de la Libye selon les termes d'un plan mis au point par leur émissaire pour l'Afrique Massad Boulos.
Le plan prévoit, selon des médias occidentaux, que Saddam Haftar prenne la présidence d'un exécutif unifié installé à Syrte (ville du centre contrôlée par les Haftar) en gardant Dbeibah au poste de Premier ministre.
La mort d'Al Mansouri va "perturber le plan Boulos"
Pour l'expert Kinnear, cet assassinat, des attaques de drones sur une raffinerie dans l'ouest et la démission récente du gouverneur de la Banque centrale "montrent que la situation politique et sécuritaire du pays peut se détériorer rapidement".
La mort d'Al Mansouri va "perturber le plan Boulos", confirme à l'AFP Jalel Harchaoui, expert de la Libye au Royal United Services Institute. Car l'accord repose sur "deux postulats" qui ont été "sapés" : "une sécurité inébranlable à Benghazi" et une protection totale de la famille Haftar "pour les officiers qui lui sont fidèles", souligne Jalel Harchaoui.
Après une telle attaque, selon l'expert, le clan Haftar va devoir "resserrer les rangs, raffermir le moral des officiers supérieurs, montrer que la priorité est de préserver l'ANL dans sa structure actuelle, sans la diluer" comme le prévoyait le plan Boulos. Un "retard" voire "un déraillement" du plan "n'est pas à exclure", selon Jalel Harchaoui.
Avec AFP
Facts Only
* Fauzi Al-Mansouri, head of intelligence services of the Eastern Army in Libya, was assassinated in a car bombing in Benghazi on Monday, August 11th.
* The National Army of Libya (ANL) announced the death of Fauzi Al-Mansouri in a statement.
* The ANL described the event as an "act of cowardice and crime."
* The attack occurred in a car-bombing in a residential neighborhood in Benghazi (northeast).
* The assassination targeted a high-ranking official in the East, noted as one of the first such attacks in a decade.
* Khaled Haftar, a member of the Haftar clan and ANL, denounced the attack as "terrorist."
* Authorities in the East suspected the attack could be "jihadist," though investigations were awaited.
* The government of Tripoli condemned the attack and called for an investigation.
* Fauzi Al-Mansouri was from Ajdabiya (northeast) and played a role in the pro-Haftar forces' victory over jihadists in the East between 2014 and 2017.
* The area of the East was controlled by jihadist movements, including Ansar al-Charia and the Islamic State, between 2013 and 2017.
Executive Summary
The assassination of Fauzi Al-Mansouri, the head of intelligence services in the Eastern Army in Libya, occurred in a car bombing in Benghazi on August 11th. This event was described by the National Army of Libya (ANL) as an "act of cowardice and crime." The incident has been noted as one of the first attacks targeting a high-ranking official in the East over the last decade, impacting the clan of Marshal Haftar who seeks control over the country.
The conflict context involves instability following Muammar Gaddafi's death in 2011, with power divided between an administration based in Tripoli and a faction controlled by the Haftar family in Benghazi. Khaled Haftar, a relative of the marshal, denounced the attack as "terrorist," while authorities in the East suggested the attack might be jihadist. The government of Tripoli also condemned the act, calling for an investigation. This event occurs as the United States administration pushes for a reunification plan for Libya, which involves potential leadership structures.
The incident is framed within broader regional power dynamics, with experts suggesting it could disrupt geopolitical plans concerning security and the Haftar clan's objectives, potentially leading to a shift in internal focus from maintaining current structures to reinforcing existing positions.
Full Take
The assassination functions as a significant structural shock to the established power dynamic within Libya, specifically challenging the perceived stability and control asserted by the Haftar camp in the East. The narrative surrounding the event reveals a tension between localized security concerns and overarching political ambitions. Khaled Haftar’s immediate reaction frames the incident through a lens of insurgency, suggesting an ongoing jihadist threat that he had previously contended with, which complicates the official narrative of internal security management.
The juxtaposition of the local outrage and the high-level geopolitical maneuvering—particularly the US-backed reunification plan involving Saddam Haftar—highlights how localized violence interacts with larger external agendas. The expert analysis suggests that such an event disrupts pre-existing strategies, implying that securing existing power structures, such as those outlined in the Boulos plan, requires recalibration under duress. This moves the focus from simple security management to assessing the resilience and internal cohesion of competing factions when faced with lethal challenges.
The pattern observed is a strategic reaction where targeted violence forces actors to reassess their priorities. When an assumed state of control is violently disrupted, the immediate consequence often shifts from maintaining control to reinforcing group solidarity against perceived external or internal threats, potentially leading to consolidation rather than fragmentation if leadership remains unified in its response to maintain coherence amidst instability.
Bridge Questions: What alternative security narratives emerge when official statements conflict with on-the-ground reports? How does the invocation of "jihadist" terminology serve the interests of various political actors seeking legitimacy? What are the long-term implications for institutional trust if internal security operations are perceived as failures or vulnerabilities rather than successes?
Sentinel — Human
The text reads like standard, fact-based geopolitical reporting that synthesizes official statements with expert commentary on the implications of a specific security incident in Libya.
