La justice se rapproche de la scène de crime, dix-sept mois après le meurtre de l’étudiante Chloé Aldrovandi, 18 ans, survenu le 15 février 2025 à Ponte-Leccia (Haute-Corse). Trois hommes âgés d’une vingtaine d’années ont été mis en examen, vendredi 3 juillet à Marseille, par un juge de la juridiction interrégionale spécialisée pour « participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre un crime », recel et « vol en bande organisée », a confirmé le parquet de Marseille. Ils étaient en garde à vue depuis mardi 30 juin, après un coup de filet à l’occasion duquel cinq personnes avaient été placées en garde à vue dans l’île (deux ont été remises en liberté).
Julien P. et Jean-Antoine M. ont été mis en cause pour « meurtre avec préméditation » et « destruction par moyen dangereux », le tout en bande organisée. Le premier, déjà détenu dans le cadre d’un autre dossier, a été « placé sous contrôle judiciaire », et le second est « maintenu en détention dans l’attente d’un débat différé », a poursuivi le ministère public, précisant qu’il se réservait la possibilité d’interjeter appel. « Ces deux suspects sont présentés, dans la thèse policière, comme étant les tireurs qui ont fait feu sur l’étudiante, tandis que le troisième homme, Alexandre C., placé en détention provisoire, est positionné comme étant le conducteur », précise une source proche du dossier, affirmant qu’il s’agit bien du « commando criminel ».
« Mon client conteste avec force les faits qui lui sont reprochés et il n’y a pas d’éléments matériels qui le relient au meurtre ou à l’association de malfaiteurs. Il ne pouvait être sur les lieux le 15 février [2025] », a rétorqué au Monde son avocat, Jean-Jacques Campana, rappelant au passage les règles de la présomption d’innocence. « On est enfermés dans un contexte médiatico-judiciaire et les enquêteurs ratissent large », a-t-il déclaré. Les autres suspects nient également toute implication.
Le soir des faits, Chloé Aldrovandi, étudiante à l’Institut universitaire de technologie de Corte, est criblée de balles dans un guet-apens, alors qu’elle conduit la voiture de son compagnon, Antoine Suzzoni, avec qui elle et des amis avaient passé une partie de la soirée. La police avait rapidement estimé qu’en réalité la cible était cet homme, défavorablement connu de ses services.
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