Les dispositions de l'accord conclu mercredi entre Meta et 51 États et territoires américains portent sur le versement de plus de 12 milliards de dollars, mais aussi notamment sur des restrictions pour les adolescents, la vérification de l'âge et le rôle des parents. Explications.
Meta a conclu, mercredi 26 août, un accord avec 51 États et territoires américains qui l'accusaient d'avoir conçu Facebook et Instagram pour rendre les enfants accros. Voici ses principales dispositions, qui n'entreront en vigueur que pour les adolescents de ces juridictions, après validation par une juge fédérale.
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• L'argent
Meta versera un peu plus de 12 milliards de dollars garantis : 11,7 milliards en dix annuités jusqu'en 2035 et 459 millions pour solder d'anciennes réclamations liées au scandale Cambridge Analytica. Cinq milliards supplémentaires ne seront dus que si Snap, TikTok et YouTube acceptent des règles et des paiements comparables, pour un total d'environ 17 milliards.
L'argent est fléché vers la santé mentale des jeunes et la prévention, mais son affectation finale revient aux Parlements des États.
• Les restrictions
Dans les six mois, les comptes des 13-17 ans des territoires concernés seront, par défaut, bloqués de minuit à 6 h, heure locale, hors messagerie. Les notifications seront coupées de 22 h à 7 h et pendant les heures de classe.
Les adolescents seront limités à deux heures par jour sur Instagram et Facebook cumulés. La messagerie et les vidéos longues – d'au moins 22 minutes – ne comptent pas.
Le nombre de "likes" sera masqué par défaut, les filtres imitant la chirurgie esthétique interdits et un fil non personnalisé par l'algorithme sera proposé dans les quatre mois. Selon Meta, les adolescents américains passent en moyenne environ une heure par jour sur Instagram.
• Le durcissement conditionnel
Si Snap, TikTok et YouTube se soumettent aux mêmes obligations, par accord ou par une loi, État par État, le blocage nocturne s'étendra de 22 h à 7 h et la limite quotidienne tombera à une heure par application, et pendant dix ans au lieu de cinq.
• La vérification de l'âge
Meta a un an pour déployer un système de vérification de l'âge : les outils utilisés ne devront pas prendre pour des adultes plus de 3 % des 13-15 ans et 10 % des 16-17 ans. Un nouveau compte dont l'âge n'est pas vérifié après 14 jours sera traité comme un compte d'adolescent.
Pour les moins de 13 ans, interdits de plateforme par la loi fédérale, Meta devra présumer qu'un compte signalé est celui d'un enfant, sauf preuve du contraire, et développer dans l'année un modèle de détection. La question de savoir si Meta a violé cette loi reste sans réponse : l'accord est "agnostique" sur ce point, ont reconnu les États à l'audience.
• Le rôle des parents
Seul un parent dont le compte est relié à celui de l'adolescent pourra assouplir le couvre-feu ou la limite de temps. Il recevra chaque jour le temps passé par son enfant et pourra ajuster les heures de classe.
Le point faible, reconnu par les deux camps à l'audience : rien ne garantit encore que le "parent superviseur" est bien le parent. Ni acte de naissance ni carte bancaire ne sont exigés. Meta a admis un "défi très difficile" sans "solution précise" à ce stade ; les États parlent de technologies "émergentes" pour régler le problème, en discussions aussi en Europe ou en Australie.
• Contrôle et sanctions
Un auditeur indépendant, payé par Meta, surveillera l'application pendant dix ans. Une clause distincte de l'accord interdit à Meta toute déclaration trompeuse sur ses dispositifs de sécurité pour les adolescents.
• Ce que l'accord ne règle pas
Il ne s'applique qu'aux États-Unis et, a précisé Meta, ne préjuge de rien ailleurs. Il ne couvre ni Snap, TikTok et YouTube, ni les milliers de plaintes de familles et de districts scolaires, ni le Nouveau-Mexique et la Floride, qui poursuivent leurs procédures.
• Pourquoi un accord plutôt qu'une loi
"Si une législature votait une loi obligeant Meta à limiter le temps d'écran des ados, elle ne survivrait probablement pas au contrôle du Premier amendement", qui protège la liberté d'expression, explique à l'AFP Vincent Joralemon, de l'université de Berkeley. "Mais rien n'empêche une entreprise privée de s'imposer ces règles à elle-même." Poursuivre les plateformes pour obtenir qu'elles se contraignent "est un contournement astucieux" de cette protection.
Avec AFP
Facts Only
* Meta agreed with 51 US states and territories concerning restrictions for adolescents on Instagram and Facebook.
* The agreement involves a payment of over $12 billion, including $11.7 billion over ten years and $459 million for past claims.
* Default restrictions include blocking accounts from 11 PM to 6 AM and limiting notifications from 10 PM to 7 AM and during school hours.
* Adolescents will be limited to two cumulative hours per day on Instagram and Facebook.
* Messaging and videos longer than 22 minutes are excluded from these time limits.
* 'Likes' will be masked by default, and certain aesthetic filters will be prohibited.
* A non-personalized feed option will be proposed within four months.
* Parental control allows a linked parent to adjust time limits based on daily usage.
* Meta must deploy an age verification system with specific thresholds for user ages.
* For users under 13, Meta must presume the account belongs to a child unless proven otherwise.
* An independent auditor will monitor application enforcement for ten years.
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Sentinel — Human
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