Le ministre de l’économie, Roland Lescure, a estimé samedi 12 septembre que les économies dans le projet de budget 2027 représenteraient un « effort » de l’« ordre » de 30 milliards d’euros, se défendant au passage de vouloir « matraquer les retraités ».
« Tout le monde devra contribuer aux efforts, dans la justice », déclare au Parisien M. Lescure, assurant rejoindre l’« ambition » du ministre des comptes publics, David Amiel, d’un déficit inférieur à 5,1 %.
Interrogé par le journal sur un chiffre d’économies d’« au moins 30 milliards d’euros » à réaliser en 2027, le ministre confirme : « C’est un effort de cet ordre de grandeur », essentiellement « sur les dépenses » pour « préserver le pouvoir d’achat » et « ne pas augmenter les impôts, même si on peut toiletter ici ou là des niches fiscales ».
Les retraités ne seront pas épargnés. Vendredi, David Amiel a assuré qu’il faudrait choisir entre indexer les retraites sur l’inflation et conserver l’abattement fiscal de 10 % des retraités. « Si l’on veut réduire le déficit, il faut réaliser au moins 6 milliards d’euros d’économies sur les pensions de retraite de base en 2027 », a expliqué son cabinet samedi à l’Agence France-Presse (AFP).
« Nous sommes dans les derniers arbitrages », commente Roland Lescure. « Aucune pension ne diminuera », insiste-t-il, jugeant toutefois « utile et juste que les retraités contribuent, eux aussi, aux efforts collectifs ». Concernant leur abattement fiscal, « la question peut se poser, il y a plein de solutions envisageables », estime le ministre. « Mais on ne veut pas matraquer les retraités », souligne-t-il, évoquant la poursuite de « consultations politiques ».
« Trou d’air »
Il juge par ailleurs « excellente » l’idée d’un « mécénat incitatif », portée par l’économiste Philippe Aghion, pour pousser les grandes fortunes à financer des secteurs-clés, actuellement « expertisée pour le budget 2027 ». Roland Lescure réfute en outre avoir été recadré par Sébastien Lecornu concernant la piste d’une imposition de l’épargne salariale, se disant « très à l’aise » avec la décision du premier ministre.
Quant au moyen de faire adopter le budget, sans majorité au Parlement, Roland Lescure ne ferme pas la porte aux ordonnances, disant préférer « ne plus être ministre avec un budget » plutôt que la situation inverse.
L’Institut national de la statistique et des études économiquesI (Insee) a alerté jeudi d’un « décrochage » de l’économie de la France par rapport à ses voisins, et le gouvernement a annoncé le lendemain abaisser sa prévision de croissance pour 2026, à 0,5 %.
Mais M. Lescure « préfère parler de trou d’air que de décrochage », invoquant « des facteurs exceptionnels » : « Qui pouvait prédire à l’automne dernier la guerre ou la canicule ? », lance-t-il.
