Plusieurs parlementaires ont annoncé, samedi 28 mars, saisir l’Arcom pour des propos jugés racistes tenus sur CNews par un intervenant interrogé sur le nouveau maire La France insoumise (LFI) de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Ce dernier a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) avoir déposé plainte et souhaité un « grand rassemblement » antiraciste.
« Il y aura dépôt de plainte. (…) Je prendrai très prochainement l’initiative d’un grand rassemblement et je voudrais que tout le monde soit là (…) contre le racisme et contre le fascisme », explique celui qui a été élu dès le premier tour le 15 mars à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), deuxième ville d’Ile-de-France après Paris.
Vendredi soir, le psychologue Jean Doridot était sur un plateau lors d’un débat portant sur les premiers jours de mandat de M. Bagayoko à Saint-Denis, ville que la chaîne qualifie de « laboratoire » de LFI.
Le maire « essaye de pousser les limites ? », lui demande-t-on. « Sûrement qu’il y a un peu de ça. Maintenant c’est important de rappeler que l’Homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu – nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus –, il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité », a affirmé M. Doridot.
« Et là, ce qui se révèle avec l’élection de M. Bally Bagayoko à Saint-Denis, c’est que ça rappelle quand même qu’un maire dans une commune a énormément de pouvoir », a-t-il poursuivi. « Maintenant, (…) personne ne peut décider comme ça, le fait du prince, à l’époque des rois, je destitue tel maire », a-t-il ajouté alors que la question de sanctions était évoquée en plateau à l’encontre de M. Bagayoko. « Notre système est tout à fait apte à porter aux responsabilités des personnes qui ne sont pas des amis de la République traditionnelle. »
Des réactions politiques indignées
Un peu plus tard dans l’émission, la parole avait été redonnée à ce psychologue pour clarifier ses propos. Jean Doridot avait alors récusé toute intention raciste. « Nous avons tous deux bras, deux jambes, 23 paires de chromosomes par cellule. Et c’est ça que j’ai voulu dire. J’ai voulu universaliser mon propos. Peut-être [que] ça n’était pas suffisamment clair », avait-il déclaré. « J’ai la conviction que nous sommes tous semblables et nous partageons tous un lien de parenté universelle », avait-il ajouté.
CNews s’est retrouvée dans la foulée au cœur d’une deuxième polémique samedi, après que le philosophe Michel Onfray a prêté à M. Bagayoko une attitude de « mâle dominant » pour avoir appelé à faire « allégeance » après son élection. « Ça, c’est très tribal », a déclaré M. Onfray. « Mais on n’est pas dans une tribu primitive », a-t-il poursuivi. Il a aussi appelé à « dire à ce monsieur qu’on n’est pas dans une théocratie » et qu’il « n’est pas devenu le roi divin du village », tout en admettant qu’« on n’est pas dans cette configuration-là » à Saint-Denis.
De quoi indigner le coordinateur insoumis Manuel Bompard, qui a qualifié sur X CNews d’« organe de propagande raciste » qui « devrait être fermé immédiatement ». « Les dérapages racistes se multiplient à un rythme ininterrompu », a embrayé le premier secrétaire du PS Olivier Faure, en réaction à cette séquence.
La chaîne dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré s’est défendue en affirmant que les phrases de M. Onfray avaient été « sorties de leur contexte ». Quant à l’essayiste, il a assuré dans une vidéo sur X que LFI lui intentait « un faux procès » et que ses propos n’avaient « rien à voir avec la couleur de peau de M. Bagayoko » mais se référaient à un « concept d’éthologie », science examinant les comportements animaux dont l’humain.
Mathilde Panot a dénoncé sur X un racisme « crasse et décomplexé » envers ce maire né dans les Hauts-de-Seine de parents maliens. « Sur CNews, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, est comparé à un singe et à un “chef de tribu” », s’est-elle insurgée.
« Enième confirmation que cette chaîne est un cloaque raciste », a abondé le sénateur communiste Ian Brossat, en annonçant également un « nouveau signalement » à l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel et du numérique.
« Poubelle-news encore en boucle dans son racisme contre les nouveaux maires et précisément contre Bally Bagayoko », a aussi écrit sur X la députée Ecologiste Léa Balage El Mariky. « Signalement à l’Arcom immédiat. Soutien, Monsieur le Maire, face à ce racisme crasse. » Auprès de l’AFP, la direction de CNews a estimé que les propos de Jean Doridot avaient été « délibérément déformés sur les réseaux sociaux, alimentant une polémique infondée ».
Facts Only
Bally Bagayoko, mayor of Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), was elected on March 15, 2024, in the first round.
Bagayoko announced he would file a police complaint and organize an anti-racism rally.
On March 28, 2024, lawmakers announced they would report CNews to Arcom over alleged racist remarks.
Psychologist Jean Doridot appeared on CNews on March 27, discussing Bagayoko’s leadership in tribal terms.
Doridot later clarified his remarks, stating he intended to universalize human behavior.
Philosopher Michel Onfray described Bagayoko’s leadership as "tribal" and "male dominant" on CNews.
Onfray denied racist intent, framing his comments as ethological analysis.
LFI coordinator Manuel Bompard called CNews a "racist propaganda organ" and demanded its closure.
Socialist Party leader Olivier Faure criticized the "uninterrupted rhythm" of racist remarks on CNews.
CNews defended the comments, claiming they were misrepresented on social media.
Multiple politicians, including Mathilde Panot and Ian Brossat, condemned the remarks as racist.
The Arcom regulator received multiple complaints about the broadcast.
Executive Summary
Full Take
The strongest version of this narrative centers on legitimate concerns about racialized rhetoric in media, particularly when framed through pseudoscientific or ethological analogies. The controversy gains traction because it intersects with broader debates about representation, political polarization, and the boundaries of free speech. CNews’s defense—that the remarks were "decontextualized"—is a common media strategy, but the pattern of repeated controversies suggests a deeper editorial posture. The use of tribal and primate metaphors, even if unintentionally racist, taps into historical tropes that dehumanize Black leaders, echoing colonial-era justifications for hierarchy.
Patterns detected: **ARC-0024 Ambiguity** (plausible deniability in racial framing), **ARC-0043 Motte-and-Bailey** (retreat to "universalism" or "ethology" when challenged), **ARC-0012 Emotional Exploitation** (leveraging outrage to polarize audiences).
The root cause lies in France’s unresolved tensions around race, secularism, and postcolonial identity. The media’s role in amplifying or mitigating these tensions is critical—here, CNews’s framing risks normalizing racialized discourse under the guise of "debate." The implications extend beyond Bagayoko: if unchecked, such rhetoric could erode trust in democratic institutions, particularly for marginalized communities.
Bridge questions: How should media balance free expression with responsibility in covering racialized political figures? What historical parallels exist between this controversy and past racialized political attacks in France? Would the reaction differ if the remarks targeted a non-Black leader?
Counterstrike scan: A coordinated influence campaign would weaponize ambiguity—using coded language to provoke outrage while maintaining deniability. The actual content aligns with this pattern, as the remarks rely on racialized tropes but avoid explicit slurs. However, without evidence of deliberate coordination, this remains a structural issue rather than a targeted operation.
