Depuis janvier 2025, l’administration Trump a expulsé plus de 25 000 personnes vers des pays dits "tiers", qui ne sont pas leur pays d’origine. Forbidden Stories et France 24, en s’appuyant sur un consortium de 26 médias internationaux, ainsi que sur le travail d’ONG, des sources ouvertes et des informations de terrain, ont recensé et cartographié ces transferts. Notre enquête permet de donner un aperçu de l’ampleur de cette politique d’expulsions massives, entourée d’une grande opacité.
Rabbiatu Kuyateh parle des États-Unis comme de son pays : "C'est là-bas que je me suis toujours sentie chez moi." Elle est pourtant née et a grandi en Sierra Leone, mais a fui la guerre civile dans les années 1990. Aux États-Unis, où elle a vécu plus de trente ans, elle a fondé une famille et exerçait en tant qu'infirmière grâce à des permis de travail renouvelables – sans jamais avoir obtenu le statut de résidente permanente. "J'ai travaillé dur, j'ai payé mes impôts", insiste-t-elle.
Ça ne l'a pas empêchée d'être arrêtée début juillet 2025 lors d'un contrôle de routine auprès de la police de l'immigration (ICE) à Baltimore, dans le Maryland. Après quatre mois passés en détention, elle a appris qu'elle allait être expulsée au Ghana, à plus de 1 000 kilomètres de son pays d'origine.
"J'ai dit : 'Je ne suis pas du Ghana. Qu'est-ce que j'irais faire là-bas ? Je n'ai vu ce pays que sur une carte ; je ne sais même pas où ça se trouve'", se souvient-elle.
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Plus de 25 000 personnes expulsées vers un pays tiers
Depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir en janvier 2025, plus de 25 000 personnes ont été expulsées vers un pays autre que leur pays d'origine et avec lequel elles n'ont souvent aucun lien, selon le décompte réalisé par un consortium de 26 médias internationaux mené par Forbidden Stories. Une très large majorité d'entre elles, quelque 20 000 personnes, a été expulsée au Mexique ; les autres – au moins 5 447 personnes au 31 août 2026 – ont été envoyées aux quatre coins du monde par le biais de vols d'expulsion.
Ces "expulsions vers des pays tiers" ("third-country removals", en anglais) sont devenues l'une des composantes centrales de la politique migratoire répressive de l'administration Trump. Ces derniers mois, celle-ci a multiplié les accords en ce sens – des arrangements avec différents pays, souvent tenus secrets.
Les communications officielles sur ces expulsions demeurent rares, elles aussi. "Au début de cette administration, ils étaient ouverts sur le fait qu'ils effectuaient ces transferts. Mais depuis un an, ils se sont montrés très opaques", rapporte Savi Arvey, directrice des politiques, des droits des réfugiés et des immigrés à l'ONG Human Rights First.
Pour "faire la lumière sur ces transferts", l'organisation se base sur les données publiques de suivi d'avions, ainsi que sur un réseau d'ONG, d'avocats et de sources de terrain. Elle partage ses informations via le projet ICE Flight Monitor, qui traque ces vols d'expulsion, et le site de suivi Third-country Deportation Watch, créé avec l'ONG Refugees International.
En nous appuyant sur leur travail, sur celui du Human Rights Center de l'Université de Berkeley, ainsi que sur des demandes d'accès à l'information auprès des autorités des pays concernés et sur des informations publiées par des journalistes du monde entier ou recueillies par les avocats des personnes expulsées, nous avons pu cartographier un grand nombre de ces transferts et établir un nombre, à minima, de personnes expulsées ainsi que leur nationalité (voir notre méthodologie ici).
Des accords conclus avec 35 pays sur six continents
Au 31 août 2026, 28 pays situés sur six continents avaient ainsi déjà reçu des citoyens de pays tiers. Par ailleurs, l'administration Trump avait conclu des accords permettant l'expulsion de ressortissants de pays tiers vers sept autres pays, sans que des transferts n'aient encore eu lieu. (Entre-temps, l'un de ces pays, le Guyana, a lui aussi reçu son premier transfert de ressortissants de pays tiers – six personnes originaires de Cuba et d'Afghanistan y ont été transférées début septembre.)
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Plus de 5 000 personnes expulsées par avion
Les quelque 20 000 personnes expulsées vers le Mexique, selon un décompte de Third Country Deportation Watch, l'ont été par voie terrestre et ce, bien qu'il n'y ait pas d'accord officiel entre les deux pays.
Pour le reste, soit donc au moins 5 447 personnes de 89 nationalités, les expulsions ont été effectuées par avion à des rythmes variables selon les pays.
C'est au Guatemala, juste au sud du Mexique, que le deuxième plus gros contingent de ressortissants de pays tiers a été transféré : près de 3 000 personnes y ont été expulsées, dont 90 % étaient mexicaines. Quatre autres pays d'Amérique centrale ont chacun reçu plus de 250 individus : le Costa Rica, le Honduras, le Panama et le Salvador.
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Douze pays de destination en Afrique, le Ghana en tête
Les personnes expulsées ne le sont pas seulement vers le continent américain. "Lors du premier mandat de Donald Trump, des accords avaient été conclus avec le Mexique et trois pays d'Amérique centrale [Guatemala, Honduras et Salvador, NDLR]", détaille Savi Arvey. "Mais aujourd'hui, cela s'étend à des pays des Caraïbes, d'Amérique du Sud, d'Afrique et même à certains pays d'Europe de l'Est."
Treize pays ayant conclu des accords avec les États-Unis – soit plus d'un tiers du total – sont ainsi situés en Afrique, principalement en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale. Parmi eux, douze avaient reçu des ressortissants de pays tiers au 31 août 2026, accueillant au total plus de 450 personnes. Le Ghana est à ce jour le pays africain ayant accepté le plus grand nombre d'individus, avec plus de 100 ressortissants de pays tiers reçus, selon les avocats qui suivent les dossiers des personnes expulsées. La République centrafricaine, la Guinée équatoriale, le Cameroun, la Sierra Leone ou encore l'Eswatini ont chacun reçu plusieurs dizaines de personnes.
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Pour Savi Arvey, l'une des nouveautés est également que ces accords sont désormais conclus avec des pays "avec lesquels les États-Unis n'envisageaient pas auparavant de s'associer", y compris dans le cas d'un "gouvernement autocratique et corrompu comme celui de la Guinée équatoriale". "Il semble que l'objectif des États-Unis soit de conclure des accords. Le profil du pays, son bilan en matière de droits humains n'ont aucune importance."
"J'avais commencé une nouvelle vie aux États-Unis, je me sentais en sécurité"
Selon notre décompte, les individus transférés sont originaires de près de 90 pays différents, principalement d'Afrique et d'Amérique centrale et du Sud.
Malick (pseudonyme), un Sénégalais expulsé à bord du même vol que Rabbiatu Kuyateh, était arrivé aux États-Unis en 2023, fuyant son pays pour des raisons de sécurité. Il avait obtenu un permis de travail. "J'avais commencé une nouvelle vie aux États-Unis, je me sentais en sécurité", se remémore-t-il.
Tout comme Rabbiatu Kuyateh, il bénéficiait d'une "suspension d'expulsion" ("withholding of removal" en anglais), une protection accordée aux personnes ayant démontré qu'elles couraient un risque de persécution ou de torture dans leur pays d'origine et empêchant leur renvoi dans ce dernier.
L'administration Trump a affirmé à maintes reprises que les expulsions visaient des personnes ayant commis des infractions pénales. En juin 2025, le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) assurait qu'il s'agissait "d'étrangers dont la barbarie est telle que leurs propres pays refusent de les réadmettre, notamment des meurtriers condamnés, des violeurs d'enfants et des trafiquants de drogue".
Mais les rapports publiés par différentes ONG, tout comme les interviews menées par le consortium avec 33 personnes expulsées, mettent en doute ce narratif. "Je n'ai jamais été impliquée dans aucun crime, j'ai toujours respecté la loi", souligne Rabbiatu Kuyateh. Comme elle, la grande majorité des individus envoyés vers des pays africains n'ont pas d'antécédents judiciaires, selon Alma David, une avocate américaine représentant des dizaines de personnes expulsées sur le continent.
Et parmi les personnes envoyées vers des pays tiers qui avaient été condamnées, beaucoup avaient purgé leur peine, parfois depuis des années.
Au sein d'un consortium de 26 médias internationaux coordonné par Forbidden Stories, France 24 a enquêté sur les accords secrets conclus entre l'administration Trump et plusieurs pays africains, désignés comme "pays tiers", prêts à accueillir des personnes sans papiers arrêtées par l'ICE aux États-Unis.
Du Ghana au Cameroun, en passant par l'Eswatini, nos journalistes ont suivi pendant plusieurs mois le destin brisé de personnes abandonnées dans des pays avec lesquels elles n'ont aucun lien. Leur enquête révèle les négociations menées en coulisses pour organiser ces transferts.
Mauvais traitements et détention arbitraire
Si les expulsions vers des pays tiers ne sont pas interdites par la loi américaine, elles ne sont autorisées que dans des circonstances limitées et sous réserve du respect d'un certain nombre de procédures et de mesures visant à assurer la protection des personnes renvoyées.
Or les ONG et les avocats représentant les victimes ont régulièrement alerté sur les violations des droits humains entourant ces transferts, notamment les traitements dégradants et la détention arbitraire auxquels sont soumises de nombreuses personnes expulsées une fois arrivées dans le pays tiers. Au Salvador, plus de 250 hommes ont été détenus dans une prison de haute sécurité destinée aux membres de gangs, dans ce que Human Rights Watch a qualifié de "conditions de détention inhumaines", documentant notamment des "coups répétés" et des "cas de violence sexuelle".
Par ailleurs, le profil de nombre des personnes expulsées inquiète aussi les groupes de défense des droits humains. "Ce qui est extrêmement préoccupant, c'est la prise pour cibles de personnes ayant obtenu des 'suspensions d'expulsion' ou une protection au titre de la Convention contre la torture, qui sont expulsées vers divers pays africains, mais aussi au Mexique", détaille Savi Arvey.
Historiquement, les personnes qui bénéficiaient d'un tel statut n'étaient généralement pas expulsées. Mais dans le cadre de sa politique d'expulsions de masse, la nouvelle administration Trump a utilisé ces transferts vers des pays tiers pour expulser ces individus sans avoir à les renvoyer dans leur pays d'origine.
Comme Malick et Rabbiatu Kuyateh, Soraya (pseudonyme), une Ghanéenne qui a fui aux États-Unis en 2024 en raison de son orientation sexuelle, bénéficiait de ce statut. "Une 'suspension d'expulsion', c'est une protection : je pensais qu'ils allaient me protéger," a-t-elle confié au consortium. "Mais ils m'ont amenée au Cameroun, un pays qui n'accepte pas les personnes LGBT."
Les craintes se cristallisent en particulier autour du risque de "refoulement en chaîne", c'est-à-dire de l'expulsion de ces individus vers un pays tiers qui les renverra ensuite vers leur pays d'origine, où ils risquent d'être persécutés. "Dans de nombreux cas, nous avons constaté que les pays tiers renvoient bel et bien des personnes vers des pays que les juges américains ont jugés dangereux pour elles", indique Meredyth Yoon, une avocate américaine suivant les dossiers de plus d'une dizaine de migrants expulsés vers des pays africains.
Isatou (pseudonyme), une Guinéenne qui avait migré aux États-Unis pour fuir un mariage forcé, a ainsi été expulsée au Ghana, d'où elle a ensuite été renvoyée vers son pays natal. Pour sa sécurité, nous ne dirons pas où elle se trouve aujourd'hui. Quelques mois après son expulsion, elle a dit au consortium n'avoir d'autre choix que de "se cacher". "Je ne sors plus, j'ai peur de tomber sur ma famille dans la rue", a-t-elle raconté. "Ils ont gâché ma vie."
"C'est une forme indirecte de renvoi vers un danger"
Michael Garcia Bocheneck, directeur par intérim du programme américain de Human Rights Watch, souligne ainsi :
"Nous pensons que le gouvernement utilise ces expulsions vers des pays tiers pour se soustraire aux responsabilités qui lui incombent en vertu du droit international, à savoir ne pas renvoyer des personnes vers un danger. [...] Dans de nombreux cas, il semble qu'on parte tacitement du principe que le pays tiers les renverra de toute façon vers leur pays d'origine. C'est une forme indirecte de renvoi vers un danger, et cela constitue toujours une violation du droit international."
Carolyn Patty Blum, professeure émérite de droit clinique à la faculté de droit de l'université de Berkeley, rappelle ainsi qu'en vertu d'"un des principes fondamentaux du droit international" – le principe de non-refoulement –, "nul ne doit être contraint de retourner dans un pays où il court un risque de persécution, de violation des droits humains ou de torture". "Tant les États-Unis que les pays d'accueil enfreignent ce droit en transférant des personnes vers des lieux où elles courent un risque grave de mauvais traitements."
Nombre des accords contiennent des termes généraux visant à garantir que les personnes transférées ne soient pas détenues arbitrairement ni envoyées dans un autre pays où elles risqueraient d'être maltraitées ou tuées. Mais "les 'assurances' de protection déclarées dans le pays d'accueil sont insuffisantes", estime Carolyn Patty Blum, qui pointe également l'absence de "mécanismes de contrôle" une fois la personne expulsée des États-Unis.
Par ailleurs, si certains des accords, dits "Asylum Cooperative Agreements", sont censés garantir que les personnes transférées pourront demander l'asile dans le pays d'accueil, d'autres arrangements (dits "Third-Country Removal Agreements") n'offrent pas les mêmes garanties. "Ce qui est inquiétant, c'est que dans ce cas, il est souvent fait référence à un simple transit", indique Savi Arvey. "Il apparaît alors très clairement que le pays concerné comprend qu'il ne servira que de point de transfert. Cela soulève d'énormes inquiétudes quant au risque de refoulement."
Les défenseurs des droits humains ont dénoncé à maintes reprises la politique du DHS consistant à expulser des personnes avec peu ou pas de préavis - et donc sans réelle possibilité de contester leur expulsion s'ils craignent pour leur sécurité dans le pays tiers. Le 18 septembre 2026, une cour d'appel fédérale américaine a statué qu'expulser des individus vers des pays tiers sans leur donner une possibilité réelle de faire valoir des risques de torture ou de persécution était illégal. Elle a aussi rejeté l'argument selon lequel les garanties générales apportées par les pays tiers quant au respect des droits humains seraient suffisantes.
Pour James Percival, le conseiller juridique général du DHS, cette décision n’empêche pas la “politique d’epxulsion vers des pays tiers” de “se poursuivre”, ainsi qu’il l’a assuré peu après la décision. “Si vous invoquez la crainte de retourner dans votre pays d'origine, le DHS a le droit de vous renvoyer ailleurs.”
Une position que ne partage pas Trina Realmuto, directrice exécutive de National Immigration Litigation Alliance, l’un des groupes à l’origine du recours. Auprès de notre consortium, elle a estimé que “la décision prend effet dès à présent, ce qui signifie que le DHS ne peut plus continuer à appliquer sa politique actuelle en matière d’expulsions vers des pays tiers.” Elle pense cependant que le gouvernement américain “fera appel devant la Cour suprême et qu'il pourrait demander un sursis à l'exécution de la décision pendant la procédure.”
Objectif de dissuasion
Si ces expulsions sont au cœur de la politique anti-immigration de l'administration Trump, c'est aussi parce qu'elle les utilise pour dissuader l'immigration et encourager les auto-expulsions, selon les avocats et les ONG interrogés.
"Si vous entrez illégalement dans notre pays et que vous enfreignez nos lois, vous risquez de vous retrouver au Cecot [la prison salvadorienne mentionnée précédemment, NDLR], à 'Alligator Alcatraz' [un centre de rétention américain, aujourd'hui fermé], à Guantanamo Bay, au Soudan du Sud ou dans un autre pays tiers", prévenait Tricia McLaughlin, la porte-parole du ministère américain de la Sécurité intérieure, en août 2025.
"Dans le cas de pays comme les Palaos ou l'Eswatini, le but est que l'administration puisse menacer les gens de les abandonner littéralement au milieu de nulle part", aurait déclaré de son côté un responsable américain, selon un rapport des membres démocrates de la commission sénatoriale américaine des relations extérieures.
Contacté par le consortium, le département d'État américain dit vouloir "utiliser tous les moyens légaux" pour expulser les individus n'ayant pas le droit de rester aux États-Unis et ne faire aucun commentaire sur ses échanges diplomatiques avec d'autres gouvernements. La police de l'immigration ICE n'avait pas répondu à nos questions au moment de la publication.
Le consortium a également contacté les gouvernements des 35 pays ayant conclu un accord avec les États-Unis. Les ministères mexicains des Affaires étrangères et de l'Intérieur ont réitéré qu'ils n'avaient pas signé d'accord avec les États-Unis pour recevoir des citoyens étrangers et ont affirmé accueillir ces personnes "pour des raisons humanitaires". Le ministère des Affaires étrangères de la Moldavie a démenti avoir signé un accord. Les autres pays n'avaient pas répondu aux sollicitations au moment de la publication.
"Menaces relatives aux droits de douane ou aux interdictions de visa"
Les raisons qui poussent les pays à accepter ces ressortissants restent souvent floues. Même lorsque les accords ont été rendus publics, les contreparties ne sont souvent pas mentionnées. Mais selon des informations obtenues par le Washington Post dans le cadre de cette enquête, les États-Unis se sont engagés à verser plus de 81 millions de dollars (70 millions d'euros) à 13 pays en lien avec ces accords. Ces engagements financiers s'élevaient, par exemple, à plus de 15 millions de dollars (13 millions d'euros) pour le Guatemala ou le Honduras, et à plus de cinq millions de dollars pour six autres pays – la République dominicaine, l'Eswatini, la Guinée équatoriale, le Liberia, les Palaos et le Rwanda.
De nombreux éléments indiquent toutefois que ces contreparties ont aussi trait à des considérations géopolitiques ou économiques plus larges – contreparties qui ne peuvent souvent être que déduites, à partir d'arrangements concomitants aux transferts de personnes. Le rapport des démocrates de la commission sénatoriale souligne ainsi que ces expulsions sont utilisées comme "monnaie d'échange" et que ces pays tiers subissent "des pressions sous forme de menaces relatives aux droits de douane, aux interdictions de visa ou à des réductions de l'aide".
Dans le cas du Ghana, par exemple, le ministre des Affaires étrangères a admis, après l'accord, que des responsables américains avaient évoqué de possibles concessions en matière de visas et de droits de douane pour son pays. Quelques jours après l'annonce de cet accord, les États-Unis ont levé les restrictions sur les visas de cinq ans imposées au Ghana deux mois plus tôt.
Michael Garcia Bocheneck résume :
"Je pense que tout le monde craint un peu les États-Unis. Je pense qu'ils savent tous que la bienveillance des États-Unis dont ils bénéficient est très fragile, et que chacun essaie de faire tout ce qu'il peut sur le plan politique pour la préserver le plus longtemps possible."
Magdalena Hervada, Léa Péruchon, Sofía Álvarez Jurado (Forbidden Stories) et Karina Chabour ont contribué à cet article.
Deportation Project : une enquête internationale sur la politique migratoire de Trump
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Carte interactive : l’ampleur de la politique de l’administration Trump en chiffres
Récit graphique : "Un vol pour le Ghana : expulsés des États-Unis vers un pays inconnu" (à venir le 22/09)
"Je n’avais jamais entendu parler de l'Eswatini" : expulsés dans un pays qui les rejette (à venir le 23/09)
Facts Only
* More than 25,000 people were expelled to third countries since January 2025 by the Trump administration.
* Approximately 20,000 people were expelled to Mexico, mostly by land transport.
* At least 5,447 people were expelled via air flights to other locations.
* Transfer agreements were established with 35 countries across six continents.
* Twelve African countries received citizens of third-country nationals; the Ghana received more than 100 such individuals by August 31, 2026.
* The transfers involved individuals from nearly 90 nationalities, primarily from Africa and Central/South America.
* Some individuals were expelled under a "suspension of removal" status.
* In the Salvador, over 250 men were reportedly held in high-security prisons.
* Statements from the Department of Homeland Security indicated expulsions targeted individuals with criminal backgrounds.
Executive Summary
The administration of Donald Trump has reportedly expelled over 25,000 individuals to "third countries" since January 2025. This process involved transfers via various means, with approximately 20,000 people being moved to Mexico, and the remaining at least 5,447 people distributed globally by air transport. These actions are framed as a central component of the administration's migratory policy. Information regarding these transfers is largely opaque, despite claims of official openness initially being withdrawn. The tracking relies on data from open-source tracking systems and reports from various NGOs and media consortiums.
The expulsions involved individuals from nearly 90 different nationalities, primarily from Africa and Central/South America. Data indicates that agreements were made with 35 countries across six continents, leading to transfers involving destinations like the Ghana, Cameroon, and Eswatini. Furthermore, some of these transfers involved individuals who had previously benefited from "suspension of removal" protections. Reports from human rights organizations indicate concerns regarding the treatment and detention of expelled persons in the receiving countries, including instances of inhumane conditions.
Full Take
Sentinel — Human
The article appears to be a journalistic investigation synthesizing data from various sources regarding US immigration policy and international transfers, characterized by an attempt to build a narrative around specific facts and human impact.
