Ce live a été animé par Diane Merveilleux et Ariane Ferrand ainsi que Gabriel Coutagne et Allison Ferrera (service Photo).
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Anne Muxel, politiste et directrice de recherche au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), répond à toutes vos questions portant sur les résultats de la première enquête électorale menée pour « Le Monde » par Ipsos BVA-CESI Ecole d’ingénieurs.
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Bonjour Benjamin,
Dans un contexte majeur de crise de la représentation politique, incontestablement les Français souhaitent davantage de démocratie participative et de démocratie semi-directe. Un Français sur deux est tout à fait d’accord avec l’idée que le peuple n’est pas bien représenté à l’Assemblée nationale et plus d’un tiers avec l’idée que les décisions politiques les plus importantes devraient être prises par le peuple et non par les responsables politiques. Les sympathisants de LFI et du RN sont encore plus nombreux à partager ces opinions
Bonjour, Envisagez-vous une suite à cette enquête avec des projections pour le 2eme tour ? Merci !
Bonjour Lulu,
Une série de huit vagues est prévue dans le dispositif de l’ENEF d’ici à la fin de la séquence électorale comprenant la présidentielle et les élections législatives. Lorsque la liste des candidats sera davantage stabilisée, nous pourrons tester les intentions de vote pour le second tour.
Bonjour, peut-on assister à un retournement massif du vote paysan qui traditionnellement vote vers un droite modérée (UDF) ou classique (UDR, RPR) vers un vote RN ? Et au delà, du vote rural ?
Bonjour,
Marine Le Pen apparaît bien placée chez les agriculteurs, qui connaissent souvent une situation économique difficile. Bruno Retailleau et Edouard Philippe sont loin derrière.
TCHAT Dans l’enquête LeMonde, on voit que l'inquiétude et l'incertitude sont les principaux sentiments partagés par la population. Néanmoins, les programmes les plus soutenus sont ceux de la rupture et de la radicalité plutôt que ceux de la modération et de l'apaisement. Comment expliquer ceci ? Est-ce vraiment un paradoxe ?
Bonjour jeffm,
Les programmes des partis extrêmes, même s’ils peuvent avoir parfois une dimension démagogique, sont considérés par nombre de Français comme une possibilité alors que l’absence de visibilité des programmes défendus par les candidats du bloc central et des partis de gouvernement accroît leur inquiétude.
On entend beaucoup parler du vote des retraités, mais comment vote cette partie de la population ?
Bonjour Lou,
Le vote des retraités est très spécifique. Jean-Luc Mélenchon et les candidats de gauche, sauf Raphaël Glucksmann, sont chez eux quasi absents. Le bloc central et Bruno Retailleau recueillent à eux deux la majorité relative de leurs voix, sauf chez les retraités des milieux populaires, où Marine Le Pen a beaucoup progressé (38 %).
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TCHAT En quoi l'état d'esprit des Français sondés est-il différent cette année que lors des précédentes élections présidentielles?
Bonjour Mia,
Le pessimisme est au rendez-vous. Les trois quarts des Français interrogés estiment que la situation du pays va se dégrader dans les mois à venir. Et ce pessimisme touche tous les électorats, y compris ceux du bloc central.
L’état d’esprit des Français est davantage chargé de négativité que les années précédentes : l’inquiétude et l’incertitude dominent, suivies par la fatigue, la colère et la révolte.
Selon votre enquête, quel comportement électoral semble adopter le large bloc central-droite (de Attal à Retailleau) en cas de second tour Mélenchon - Le Pen?
Bonjour Rem,
Nous n’avons volontairement pas mesuré les intentions de vote de second tour à sept mois de l’élection présidentielle.
Bonjour et merci pour votre tchat est-ce que cette enquête révèle qu'il n'y a pas en réalité d'abstentionnisme par désintérêt mais qu'il peut s'agir, aussi, d'un geste politique ?
Bonjour Laura,
Oui, c’est l’abstention « dans le jeu politique » qui explique la progression de l’abstention qui s’est très largement diffusée depuis de nombreuses années. L’abstention de nature sociologique se maintient à un niveau assez constant.
Pourquoi les Français sont ils en colère ?
Bonjour Eugène,
Ils sont défiants à l’égard de la classe politique et ont l’impression d’avoir tout essayé en deux décennies de droite et de gauche au pouvoir et de tentative de synthèse macronienne entre les deux. Ils veulent un changement profond, non dénué de radicalité, pour répondre aux préoccupations qui sont les leurs, et en premier leur pouvoir d’achat : 28 % d’entre eux sont pour une transformation radicale de la société et 54 % une transformation en profondeur.
Bonjour, est-ce que la part des jeunes qui votent pour le RN a augmenté ces dernières années? Si oui, comment peut-on l'expliquer?
Bonjour Linda,
Ces dernières années, la part des jeunes votant pour le Rassemblement national (RN) avait plutôt augmenté. Mais notre enquête montre un recul sensible, tout particulièrement chez les tout jeunes, 18-24 ans, de l’attrait pour ce parti, au profit du vote La France insoumise (LFI) : 41 % des 18-24 ans ont l’intention de voter pour Jean-Luc Mélenchon contre 20 % pour Marine Le Pen. Néanmoins, les 25-34 ans restent plus attirés par le vote Le Pen.
On observe toujours une fracture assez nette entre la jeunesse étudiante, urbaine, plus à gauche et plus prompte à voter LFI et les jeunes actifs, peu diplômés particulièrement dans les zones rurales, et qui sont nettement plus attirés par le vote RN.
Sur quels thèmes un candidat du centre pourrait-il fédérer un électorat actuellement dispersé et en mal de repères?
Bonjour Laurent,
Contrairement aux forces politiques situées aux deux extrêmes de l’échiquier partisan, les forces centrales, mais aussi les partis de gouvernement, peinent à convaincre les Français d’un programme prometteur du changement profond qu’ils souhaitent.
Le thème fédérateur pour l’ensemble de l’électorat est en premier lieu le pouvoir d’achat, et, plus particulièrement pour les électeurs du centre, les questions économiques et financières, dont la dette.
Est-ce qu'on peut s'attendre à une inversion de la tendance abstentionniste pour les prochaines élections ?
Bonjour JeLu,
Merci pour votre question. Pour l’instant, notre enquête montre une forte mobilisation et un fort intérêt pour l’élection présidentielle. Les Français ont sans doute intériorisé le fait que cette échéance sera décisive pour le pays. Néanmoins il faut que le déroulé de la campagne et les événements qui lui sont liés arrivent à maintenir cette disposition positive. Or rien n’est joué.
Par ailleurs, le comportement électoral est de plus en plus incertain et indécis jusqu’au dernier moment, et la mesure de la participation reste fragile autant de mois avant l’élection.
Vous pouvez continuer à poser toutes vos questions dans ce live avec la mention « TCHAT » au début !
Le député socialiste Philippe Brun, candidat à la primaire sociale-démocrate, a défendu, lundi matin sur LCI, ce qu’il présente comme « une nouvelle ligne politique ». Le Parti socialiste « a vocation à rassembler la gauche derrière lui », a-t-il fait valoir, estimant que le candidat qui sortira victorieux de la primaire « devra rassembler les écologistes et les communistes derrière lui ».
Il a toutefois exclu toute alliance avec La France insoumise, estimant avoir « trop de divergences » avec le parti et dénonçant en Jean-Luc Mélenchon un candidat « détesté » et qui n’a selon lui « aucune chance de l’emporter », malgré un « socle important » d’électeurs. Il affirme également qu’il ne s’alliera jamais avec les macronistes.
« Il faudrait que le PS retrouve son socle », affirme-t-il, proposant pour cela de « parler de choses nouvelles », notamment quant au pouvoir d’achat des Français. Il propose un « salaire Brun », qui consiste en « une baisse de la CSG pour rapprocher le brut du net, qu’on compense par une plus grosse taxation du capital ». Sur les retraites, Philippe Brun appelle à « changer le système » uniquement par répartition et défend une part de capitalisation pour le financer, grâce à la création d’un fonds de pension publique géré par les syndicats et abondé de 15 milliards d’euros par an.
A partir de 11 heures, Anne Muxel, directrice de recherche au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) répondra à toutes vos questions sur les résultats de la première enquête électorale menée par Ipsos BVA-CESI Ecole d’ingénieurs pour Le Monde, le Cevipof et la Fondation Jean Jaurès.
Les abstentionnistes des élections municipales de mars 2026 vont-ils de nouveau bouder les urnes ? Quel est l’état d’esprit des électeurs : l’inquiétude, la colère… ? Quels sont les premiers indicateurs sur le vote des jeunes ? Posez toutes vos questions !
A 14 heures, un second tchat sera proposé, cette fois-ci avec Julie Carriat, journaliste au service Politique du Monde.
Bonjour, nous reprenons ce direct après un dense week-end de rentrée politique.
Hier soir, Le Monde a publié la première vague de son enquête électorale de grande ampleur. Réalisée du 3 au 9 septembre pour Le Monde par Ipsos BVA-CESI Ecole d’ingénieurs, en partenariat avec le Centre de recherches politique de Sciences Po (Cevipof), la Fondation Jean-Jaurès et l’Institut Montaigne, cette étude a été menée auprès d’un large échantillon de 13 060 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
Cette enquête est la première à tester des intentions de vote, après une édition précédente conduite au sortir des élections municipales de mars. En ce début de campagne, elle permet de poser des rapports de force, à partir desquels nous pourrons suivre les trajectoires des électeurs changeants, comme la fixité de ceux qui ont arrêté leur choix. Pour lancer votre lundi, nous vous recommandons la lecture de ces articles publiés dans la foulée de l’étude :
D’autres articles seront publiés ce matin, nous vous les relaierons ici.
Plus que jamais candidat, devant une foule plus réduite que ces dernières années, le chef de Reconquête !, Eric Zemmour a lancé, dimanche, sa rentrée politique au Port-Marly par un discours aux relents xénophobes, articulé autour de l’intelligence artificielle.
Bonjour, Merci pour ce live. On en est où côté primaire à droite et au centre ?
Gabriel Attal se dit prêt à se soumettre au verdict d’une primaire. « Je n’ai pas peur de la primaire, je n’ai aucun problème à ce qu’une primaire soit organisée », a assuré le secrétaire général de Renaissance et candidat à l’élection présidentielle, en marge de sa visite à la fête agricole des Terres de Jim, à Metz-Magny, en Moselle, il y a quelques jours. Il avait déjà tenu ce discours fin août.
« S’il y a une primaire » de la droite et du centre, « je l’affronterai », a assuré le président des Républicains (LR), Bruno Retailleau, candidat à l’élection présidentielle fin août. Il a affirmé dans « Les 4 Vérités » sur France 2 qu’il n’avait « peur d’aucune compétition ».
D’autres candidats cherchent à relancer l’idée d’une primaire, comme le maire de Cannes, David Lisnard, ex-LR et président de Nouvelle Energie.
Le candidat d’Horizons, Edouard Philippe, favori du bloc central, a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Gabriel Attal a balayé mercredi la proposition d’Edouard Philippe, déjà refusée par Bruno Retailleau, de réunir les différents candidats de la droite et du centre au début du mois de novembre pour discuter d’un rassemblement, renvoyant cette question au début de l’année 2027.
Le président d’Horizons n’est pas favorable à une primaire. Cet ancien juppéiste a été marqué par le sort qu’a connu son mentor Alain Juppé en 2016, qui avait été battu au second tour contre François Fillon lors de la primaire (ouverte) de la droite et du centre organisée par l’Union pour un mouvement populaire (UMP) pour désigner son candidat à l’élection présidentielle de 2017.
De son côté, le président du MoDem, François Bayrou, qui n’est pas candidat à la présidentielle mais qui compte s’impliquer dans la bataille, continue de plaider pour une primaire, au sein d’un « grand espace démocratique, républicain, réformiste, humaniste », « le plus large possible ». Cette primaire devrait, selon lui, être ouverte à des figures issues de la gauche, comme François Hollande.
Si de nombreux candidats de droite et du centre appellent à une primaire, ils n’ont pas tous en tête le même périmètre. « Je n’ai pas compris si Bruno Retailleau souhaitait travailler avec nous ou avec l’extrême droite », déclarait par exemple, en avril, Gabriel Attal dans un entretien au Point.
Est ce que Bruno Le Maire est candidat à la présidentielle ?
Bonjour,
« Je ne suis pas candidat au moment où je vous parle et nous verrons de quoi l’avenir sera fait », a déclaré Bruno Le Maire, ministre de l’économie de 2017 à 2024, au « Grand Jury » RTL, Public Sénat, Ouest-France et M6.
Il a néanmoins développé plusieurs propositions pour redresser les finances publiques, dont l’ancien patron de Bercy – pendant sept ans – a daté la dégradation à la « funeste dissolution » de 2024.
Désindexation de l’inflation des pensions de retraite et de toutes les aides sociales – « sauf le RSA » –, gel du point d’indice des fonctionnaires, « rabais de 5 milliards » d’euros sur la contribution française au budget de l’Union européenne, réduction du pouvoir d’amendement des parlementaires : « Je ne propose pas l’austérité, je propose la responsabilité », a-t-il assuré.
Pourquoi une loi speciale serait-elle "impossible à modifier" ?
Bonjour,
En raison de l’élection présidentielle d’avril-mai 2027 et des législatives qui suivent, une loi spéciale adoptée fin 2026 risquerait de régir les finances de la France pendant des mois au lieu de quelques semaines traditionnelles, bloquant durablement toute impulsion politique nouvelle pour le président ou le gouvernement nouvellement élu.
Fin 2024 comme fin 2025, le gouvernement avait dû recourir à une loi spéciale pour pallier l’absence d’un budget voté par le Parlement, avant qu’un projet de loi de finances en bonne et due forme ne soit finalement adopté au début de l’année suivante. Mais, selon un rapport de l’inspection générale des finances publié fin août, la situation est cette fois différente. En cause : la tenue de l’élection présidentielle au printemps – dont le premier tour est prévu le 18 avril 2027 et le second le 2 mai –, suivie des probables élections législatives.
« Au cours de la Ve République, il n’a été recouru à la loi spéciale qu’à trois reprises (en 1979, 2025 et 2026), pour des durées n’excédant pas six semaines. La possibilité de recourir à la loi spéciale n’a pas été conçue pour que cette dernière s’applique dans la durée puisqu’elle a vocation à être transitoire », peut-on lire dans le rapport.
