De notre envoyée spéciale au Stade de France – Sans surprise, l'équipe du Sénégal a célébré samedi son titre de champion d'Afrique au Stade de France. Bien que déchu de leur trophée par la CAF, les Lions de la Teranga ont brandi la Coupe devant leurs supporters venus en nombre avant le match amical contre le Pérou.
Publié le : Modifié le :
Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Une extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.
"Nous sommes les champions d'Afrique !" Aux abords du Stade de France, le ton est donné. Le speaker qui chauffe l'enceinte avant l'arrivée des joueurs fait monter l'ambiance. À quelques heures du match amical, samedi 28 mars, entre le Sénégal et le Pérou, tous les supporteurs des Lions de la Teranga n'ont qu'une envie : voir "leur trophée".
Une clameur intense s'empare du stade lorsque le capitaine sénégalais Kalidou Koulibaly pénètre dans le stade le trophée de la CAN dans les bras, suivi de tous ses partenaires en survêtement jaune et vert. Le chanteur vedette du pays Youssou Ndour est aussi de la fête. Entouré de toute l'équipe, il brandit lui aussi la Coupe d'Afrique, avant que la sélection entame un tour d'honneur.
Le capitaine et son coéquipier Édouard Mendy montent ensuite en direction de la tribune présidentielle du stade pour y déposer le trophée devant notamment Abdoulaye Fall, le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF).
Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Près de dix jours après la décision polémique de la Confédération africaine de football d’attribuer le trophée au Maroc, la FSF a ainsi lancé un message fort. Pas question de redonner le trophée aux Lions de l'Atlas. Même si la fête a quelque peu été ternie par ce revirement, la FSF a tenu à fêter ses champions avec la diaspora comme cela était prévu.
À lire aussiAprès le chaos et les tribunaux, le Sénégal et le Maroc retrouvent enfin le rectangle vert
"Célébrer ce titre"
Pour preuve, les supporteurs sont venus en nombre et en famille remplir le Stade de France, qui affiche complet. "Pour nous, les supporteurs restés en France durant la CAN, on avait besoin de voir nos joueurs célébrer ce titre et de les voir heureux d'avoir gagné sur le terrain et pas sur un bout de papier", explique ainsi une supportrice aux couleurs rouge-vert-jaune
Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Avant le match de préparation au Mondial 2026 face au Pérou, chacun a en tête cette décision. Le 17 mars, deux mois après le sacre du Sénégal, le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de lui retirer son titre au profit du Maroc, finaliste malheureux et hôte du tournoi. Il a ainsi donné raison à la Fédération royale marocaine de football (FRMF), qui arguait que le départ momentané des joueurs sénégalais du terrain durant la finale équivalait à un forfait.
Lors de ce match chaotique, émaillé de violences entre supporters, les Lions de la Teranga avaient quitté la pelouse pour protester contre un penalty obtenu par Brahim Diaz juste après un but qui leur avait été refusé. Sous l'impulsion de Sadio Mané notamment, ils avaient repris la partie pour finalement s'imposer en prolongation grâce à un but de Pape Gueye.
À lire aussiCAN attribuée au Maroc : le Sénégal fait appel devant le Tribunal arbitral du sport
"Personne ne peut nous le retirer"
La décision inattendue de la CAF, prononcée deux mois après cette finale, a provoqué une onde de choc. "Je pense qu'un match de football se joue sur le terrain. Si l’arbitre a décidé que les gagnants étaient le Sénégal, je ne vois pas pourquoi sa décision doit être remis en jeu bien après le match", analyse ainsi cette fan des Lions de la Teranga.
Venu avec son fils pour fêter ses héros, un autre supporteur sénégalais ne cache pas sa colère. "On est toujours champions d'Afrique dans notre tête. Personne ne peut nous le retirer", insiste-t-il. Un peu plus loin, un de ses compatriotes renchérit : "Le match se gagne sur le terrain. Si l’arbitre avait pris sa décision lorsque les joueurs sont sortis, il n’y a pas de problème, mais il a attendu jusqu’à ce qu’ils reviennent sur le terrain. On a donné le penalty, il l’a raté. Tant pis pour lui. On est champions d’Afrique et on le restera jusqu’à la prochaine CAN."
Mais de nombreux Marocains ne l'entendent pas de cette oreille. Même s'il n'a pas été sollicité par la Fédération royale marocaine de football, le président du Club des avocats au Maroc, Me Mourad Elajouti, a adressé cette semaine deux "mises en demeure formelles" à la société d’exploitation du Stade de France et au promoteur GL Events pour "exhibition" du trophée, un geste qui constitue selon lui "une usurpation de titre et un trouble manifestement illicite".
À lire aussiCAN attribuée au Maroc : le Sénégal affirme être "toujours champion d’Afrique"
"On va gagner devant le TAS"
Le Sénégal a pour sa part décidé de faire appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) et ne compte pas restituer son trophée de la CAN. Selon Me Seydou Diagne, à la tête du pool d’avocats chargé de défendre les intérêts sénégalais devant le TAS, le droit est dans leur camp. "C’est clair : dans la décision du jury d’appel, il n’y a pas de retrait de titre ni de remise de médailles", a-t-il affirmé jeudi lors d'une conférence de presse organisée à Paris. "Notre sélection nationale n’est pas dans une situation où il y a une injonction de restituer le titre", a-t-il ajouté.
La date du nouveau procès dans l’affaire de la victoire contestée de la CAN n’a pas encore été fixée. Jugée cette fois par le Tribunal arbitral du sport, basé à Lausanne, l'affaire pourrait s'étirer sur l'année 2026. Les supporteurs sénégalais sont en tout cas optimistes. "J’espère que la décision sera favorable. Qu'elle le soit ou pas, il y a des émotions qui ne s’achètent pas", estime un fan présent au Stade de France.
"Au Sénégal, on est des légalistes, on respecte la loi. On a saisi le Tribunal arbitral du sport, il est évident qu’il va statuer en faveur du Sénégal. On a gagné sur le terrain et on va gagner devant le TAS", assure un de ses compatriotes. "On est champions forever !", ajoute-t-il avec fierté.
Facts Only
The Senegalese national football team celebrated their African Cup of Nations (CAN) title at the Stade de France on March 28, 2024.
The event took place before a friendly match against Peru.
The Confederation of African Football (CAF) stripped Senegal of the trophy on March 17, 2024, awarding it to Morocco.
The CAF cited Senegal's temporary departure from the field during the final as grounds for forfeiture.
Senegalese supporters filled the Stade de France to celebrate the team and the trophy.
Captain Kalidou Koulibaly and goalkeeper Édouard Mendy displayed the trophy during the celebration.
Singer Youssou Ndour participated in the festivities.
The Senegalese Football Federation (FSF) has appealed the CAF decision to the Court of Arbitration for Sport (CAS).
Moroccan legal representatives have issued formal warnings against the trophy's display, calling it an "usurpation."
The CAS appeal process is expected to continue into 2026.
Senegalese fans maintain that the team won the title on the field and reject the CAF's decision.
The original final match saw Senegal defeat Morocco in extra time after a chaotic, violence-marked game.
Executive Summary
Full Take
The strongest version of this narrative centers on the tension between institutional authority and popular legitimacy in sports. The CAF's decision to overturn the CAN result two months after the final—based on a procedural interpretation of Senegal's protest—undermines the principle that outcomes should be decided on the field. Senegal's defiance, backed by legal appeals and mass fan support, frames this as a fight for fairness against bureaucratic overreach. The emotional resonance is palpable: supporters cling to the memory of victory, while Moroccan legal challenges amplify the stakes.
Yet patterns of manipulation lurk beneath the surface. The CAF's delayed ruling smacks of **ARC-0024 Ambiguity**, creating confusion about when and how rules apply. Morocco's post-hoc legal pressure, including threats to the Stade de France, resembles **ARC-0043 Motte-and-Bailey**—demanding strict adherence to rules when convenient while ignoring the spirit of competition. Meanwhile, Senegal's "champions forever" rhetoric risks **ARC-0012 Emotional Exploitation**, weaponizing fan loyalty to bypass institutional processes.
Root causes reveal deeper fissures: African football governance often prioritizes political expediency over consistency, echoing colonial-era power struggles. The diaspora's role—celebrating in France—highlights how national identity transcends borders, complicating jurisdictional disputes. Second-order consequences include eroded trust in the CAF and potential fan radicalization if the CAS upholds the ruling.
Bridge questions: How should sports govern bodies balance immediate referee decisions with post-match reviews? What safeguards could prevent such disputes from becoming geopolitical proxies? Would Senegal's case hold if the protest had occurred in a less high-stakes match?
Counterstrike scan: A coordinated campaign would amplify Senegal's victimhood narrative while framing Morocco as a sore loser, using fan outrage to pressure the CAS. The actual content aligns partially—emotional framing is present—but lacks the orchestrated amplification typical of influence ops. The focus remains on legal and fan-driven resistance, not manufactured outrage.
