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Project Gutenberg

Abrégé de l'Histoire Générale des Voyages (Tome 2)

La Harpe, Jean-François de

2008frGutenberg #24768Original source

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                 BIBLIOTHÈQUE FRANÇAISE.




                         ABRÉGÉ

                           DE

                   L'HISTOIRE GÉNÉRALE

                       DES VOYAGES;



                    Par J.-F. LAHARPE.



                       TOME DEUXIÈME.



           [Illustration: Enseigne de l'éditeur]

                          PARIS,
                 MÉNARD ET DESENNE, FILS.
                          1825.




ABRÉGÉ DE

L'HISTOIRE GÉNÉRALE DES VOYAGES.




PREMIÈRE PARTIE.

AFRIQUE.




LIVRE TROISIÈME.

VOYAGES AU SÉNÉGAL ET SUR LES CÔTES D'AFRIQUE JUSQU'À SIERRA-LEONE.




CHAPITRE PREMIER.

Voyages de Cadamosto sur la rivière du Sénégal et dans les pays voisins.
Azanaghis. Tegazza. Côte d'Anterota. Pays de Boudomel. Pays de Gambra.


Après avoir parcouru les principales îles placées dans l'Océan
atlantique vis-à-vis le continent africain, et dont les Européens se
sont emparés à la même époque où ils commencèrent à reconnaître la côte
occidentale de cette partie du monde, nous allons, en retournant un peu
sur nos pas, suivre avec les voyageurs cette même côte, depuis le désert
de Sahara jusqu'à Sierra-Leone, où commence la Guinée proprement dite.

Avant de passer par le détroit de Gibraltar dans l'Océan qui baigne la
côte occidentale d'Afrique, on trouve, sur les bords de la Méditerranée,
les contrées connues autrefois des anciens, et qui forment ce que les
modernes ont appelé Barbarie; Alger et son domaine, qui est l'ancienne
Numidie; Tunis, qu'on croit être Carthage; Tripoli, la grande Syrte,
Barca, tout ce qui composait les possessions romaines jusqu'au mont
Atlas. Au-delà du détroit est le royaume de Fez, l'empire de Maroc,
autrefois la Mauritanie Tingitane; Dara, Tafilet, pays gouvernés jadis
par Syphax et par Bocchus, mais sous la dépendance ou la protection des
Romains, qui avaient poussé leurs conquêtes jusqu'au désert.

À l'orient, les Romains possédaient encore l'Égypte et la Nubie, et
connaissaient quelques ports de la mer Arabique. La grande région qu'ils
appelaient Éthiopie, et que nous nommons Abyssinie, ne leur était connue
que de nom. Elle ne l'est guère davantage aux modernes, qui pourtant en
ont fréquenté quelques ports, comme Adel, Zeyla, Souakem, etc., mais
n'ont que peu pénétré dans l'intérieur des terres. À l'égard de la côte
orientale d'Afrique, que nous avons vu découvrir par les Portugais
après qu'ils eurent doublé le cap des Tourmentes, et qui contient les
royaumes de Mosambique, de Quiloa, de Monbassa, de Mélinde, tout ce
qu'on appelle le Zanguébar et la côte d'Ajan, les commerçans de Tyr et
de Phénicie y descendaient par la voie beaucoup plus courte de la mer
Rouge, dans des temps dont il nous reste bien peu de traces. Nous avons
vu que, par la même voie, les Arabes ou Maures de la Mecque, ceux de
Barbarie, et plus récemment les Turcs, y venaient commercer quand les
Portugais y arrivèrent. Mais, quand ces mêmes Portugais, quand les
Anglais et les Français abordèrent en Guinée, ils n'y trouvèrent que des
Nègres et des serpens. Là commence donc pour nous la description d'une
nouvelle terre découverte par les modernes pour le malheur de ses
habitans, qui depuis n'ont pas cessé d'être vendus aux nations de
l'Europe pour exploiter les possessions du Nouveau-Monde et des îles de
la mer des Indes.

Avant de parler de la Guinée proprement dite, nous nous arrêterons
d'abord sur les pays voisins de la rivière de Sénégal, en remontant dans
l'intérieur des terres et dans les contrées situées entre cette rivière
et celle de Gambie.

Un Vénitien nommé _Cadamosto_, qui était au service de l'infant de
Portugal don Henri, et que nous avons cité à l'article des îles du cap
Vert et des Canaries, voyagea aussi sur les bords du Sénégal et de la
Gambie, et nous a laissé quelques détails sur ces contrées. La relation
de ses voyages, la plus ancienne des navigations modernes publiées par
ceux qui les ont faites, est un véritable modèle; elle ne perdrait rien
à être comparée à celle des plus habiles navigateurs de nos jours. Il y
règne un ordre admirable; les détails en sont attachans, les
descriptions claires et précises. On reconnaît partout l'observateur
éclairé. Parmi les choses qu'il a entendu dire, il s'en trouve, à la
vérité, qu'il est difficile de croire; on en verra quelques-unes de ce
genre dans l'extrait de sa relation qu'on va lire. Cadamosto a la bonne
foi de convenir lui-même de l'invraisemblance de ces sortes de récits;
mais ils étaient conformes au goût de son siècle, et sa relation eût
semblé dénuée d'intérêt s'il les eût omis.

Cadamosto observe d'abord qu'au sud du détroit de Gibraltar, la côte,
qui est celle de Barbarie, n'est pas habitée jusqu'au cap Cantin, d'où
l'on trouve, jusqu'au cap Blanc, une région sablonneuse et déserte, qui
est séparée de la Barbarie par des montagnes du côté du nord, et que ses
habitans nomment Sahara. 

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