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Journal des voyages et des voyageurs" (2ème semestre 1860).
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l'Australie.
LE TOUR DU MONDE
IMPRIMERIE GÉNÉRALE DE CH. LAHURE
Rue de Fleurus, 9, à Paris
LE TOUR DU MONDE
NOUVEAU JOURNAL DES VOYAGES
PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION
DE M. ÉDOUARD CHARTON
ET ILLUSTRÉ PAR NOS PLUS CÉLÈBRES ARTISTES
1860
DEUXIÈME SEMESTRE
LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie
PARIS, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, No 77
LONDRES, KING WILLIAM STREET, STRAND
LEIPZIG, 15, POST-STRASSE
1860
TABLE DES MATIÈRES.
UN MOIS EN SICILE (1843.--Inédit.), par M. Félix BOURQUELOT.
Arrivée en Sicile. -- Palerme et ses habitants. -- Les monuments
de Palerme. -- La cathédrale de Monreale. -- De Palerme à
Trapani. -- Partenico. -- Alcamo. -- Calatafimi. -- Ruines de
Ségeste. -- Trapani. -- La sépulture du couvent des capucins. --
Le mont Éryx. -- De Trapani à Girgenti. -- La Lettica. --
Castelvetrano. -- Ruines de Sélinonte. -- Sciacca. -- Girgenti
(Agrigente). -- De Girgenti à Castrogiovanni. -- Caltanizzetta.
-- Castrogiovanni. -- Le lac Pergusa et l'enlèvement de
Proserpine. -- De Castrogiovanni à Syracuse. -- Calatagirone. --
Vezzini. -- Syracuse. -- De Syracuse à Catane. -- Lentini. --
Catane. -- Ascension de l'Etna. -- Taormine. -- Messine. --
Retour à Naples. 1
VOYAGE EN PERSE, fragments par M. le comte A. de GOBINEAU (1855-1858),
dessins inédits de M. Jules LAURENS.
Arrivée à Ispahan. -- Le gouverneur. -- Aspect de la ville. -- Le
Tchéhar-Bâgh. -- Le collége de la Mère du roi. -- La mosquée du
roi. -- Les quarante colonnes. -- Présentations. -- Le pont du
Zend-è-Roub. -- Un dîner à Ispahan. -- La danse et la comédie. --
Les habitants d'Ispahan. -- D'Ispahan à Kaschan. -- Kaschan. --
Ses fabriques. -- Son imprimerie lithographique. -- Ses
scorpions. -- Une légende. -- Les bazars. -- Le collége. -- De
Kaschan à la plaine de Téhéran. -- Koum. -- Feux d'artifice. --
Le pont du Barbier. -- Le désert de Khavèr. -- Houzé-Sultan. --
La plaine de Téhéran. -- Téhéran. -- Notre entrée dans la ville.
-- Notre habitation. 16
Une audience du roi de Perse. -- Nouvelles constructions à
Téhéran. -- Température. -- Longévité. -- Les nomades. -- Deux
pèlerins. -- Le culte du feu. -- La police. -- Les ponts. -- Le
laisser aller administratif. -- Les amusements d'un bazar persan.
-- Les fiançailles. -- Le divorce. -- La journée d'une Persane.
-- La journée d'un Persan. -- Les visites. -- Formules de
politesses. -- La peinture et la calligraphie persanes. -- Les
chansons royales. -- Les conteurs d'histoires. -- Les spectacles:
drames historiques. -- Épilogue. -- Le Démavend. -- L'enfant qui
cherche un trésor. 34
VOYAGES AUX INDES OCCIDENTALES, par M. Anthony TROLLOPE
(1858-1859); dessins inédits de M. A. de BÉRARD.
L'île Saint-Thomas. -- La Jamaïque: Kingston; Spanish-Town; les
_réserves_; la végétation. -- Les planteurs et les nègres. --
Plaintes d'une Ariane noire. -- La toilette des négresses. --
Avenir des mulâtres. -- Les petites Antilles. -- La Martinique.
-- La Guadeloupe. -- Grenada. -- La Guyane anglaise. -- Une
sucrerie. -- Barbados. -- La Trinidad. -- La Nouvelle-Grenade. --
Sainte-Marthe. -- Carthagène. -- Le chemin de fer de Panama. --
Costa Rica: San José; le Mont-Blanco. -- Le Serapiqui. --
Greytown. 49
VOYAGE DANS LES ÉTATS SCANDINAVES, par M. Paul RIANT. (Le
Télémark et l'évêché de Bergen.) (1858.--Inédit.)
LE TÉLÉMARK. -- Christiania. -- Départ pour le Télémark. -- Mode
de voyager. -- Paysage. -- La vallée et la ville de Drammen. --
De Drammen à Kongsberg. -- Le cheval norvégien. -- Kongsberg et
ses gisements métallifères. -- Les montagnes du Télémark. --
Leurs habitants. -- Hospitalité des _gaards_ et des _sæters_. --
Une sorcière. -- Les lacs Tinn et Mjös. -- Le Westfjord. -- La
chute du Rjukan. -- Légende de la belle Marie. -- Dal. -- Le
livre des étrangers. -- L'église d'Hitterdal. -- L'ivresse en
Norvège. -- Le châtelain aubergiste. -- Les lacs Sillegjord et
Bandak. -- Le ravin des Corbeaux. 65
--_Le Saint-Olaf_ et ses pareils. -- Navigation intérieure. --
Retour à Christiania par Skien. 82
L'ÉVÊCHÉ DE BERGEN. -- La presqu'île de Bergen. -- Lærdal. -- Le
Sognefjord. -- Vosse-Vangen. -- Le Vöringfoss. -- Le
Hardangerfjord. -- De Vikoër à Sammanger et à Bergen. 85
VOYAGE DE M. GUILLAUME LEJEAN DANS L'AFRIQUE ORIENTALE
(1860.--Texte et dessins inédits.)--Lettre au Directeur du _Tour
du monde_ (Khartoum, 10 mai 1860).
D'ALEXANDRIE À SOUAKIN. -- L'Égypte. -- Le désert. -- Le simoun.
-- Suez. -- Un danger. -- Le mirage. -- Tor. -- Qosséir. --
Djambo. -- Djeddah. 97
VOYAGE AU MONT ATHOS, par M. A. PROUST (1858.--Inédit.)
Salonique. -- Juifs, Grecs et Bulgares. -- Les mosquées. --
L'Albanais Rabottas. -- Préparatifs de départ. -- Vasilika. --
Galatz. -- Nedgesalar. -- L'Athos. -- Saint-Nicolas. -- Le P.
Gédéon. -- Le couvent russe. -- La messe chez les Grecs. --
Kariès et la république de l'Athos. -- Le voïvode turc. -- Le
peintre Anthimès et le pappas Manuel. -- M. de Sévastiannoff. 103
Ermites indépendants. -- Le monastère de Koutloumousis. -- Les
bibliothèques. -- La peinture. -- Manuel Panselinos et les
peintres modernes. -- Le monastère d'Iveron. -- Les carêmes. --
Peintres et peintures. -- Stavronikitas. -- Miracles. -- Un
Vroukolakas. -- Les bibliothèques. -- Les mulets. -- Philotheos.
-- Les moines et la guerre de l'Indépendance. -- Karacallos. --
L'union des deux Églises. -- Les pénitences et les fautes. 114
La légende d'Arcadius. -- Le pappas de Smyrne. -- Esphigmenou. --
Théodose le Jeune. -- L'ex-patriarche Anthymos et l'Église
grecque. -- L'isthme de l'Athos et Xerxès. -- Les monastères
bulgares: Kiliandari et Zographos. -- La légende du peintre. --
Beauté du paysage. -- Castamoniti. -- Une femme au mont Athos. --
Dokiarios. -- La secte des Palamites. -- Saint-Xénophon. -- La
pêche aux éponges. -- Retour à Kariès. -- Xiropotamos, le couvent
du Fleuve Sec. -- Départ de Daphné. -- Marino le chanteur. 130
VOYAGE D'UN NATURALISTE (Charles DARWIN).--L'archipel Galapagos
et les attoles ou îles de coraux.--(1838).
L'ARCHIPEL GALAPAGOS. -- Groupe volcanique. -- Innombrables
cratères. -- Aspect bizarre de la végétation. -- L'île Chatam. --
Colonie de l'île Charles. -- L'île James. -- Lac salé dans un
cratère. -- Histoire naturelle de ce groupe d'îles. --
Mammifères; souris indigène. -- Ornithologie; familiarité des
oiseaux; terreur de l'homme; instinct acquis. -- Reptiles;
tortues de terre; leurs habitudes. 139
Encore les tortues de terre; lézard aquatique se nourrissant de
plantes marines; lézard terrestre herbivore, se creusant un
terrier. -- Importance des reptiles dans cet archipel où ils
remplacent les mammifères. -- Différences entre les espèces qui
habitent les diverses îles. -- Aspect général américain. 146
LES ATTOLES OU ÎLES DE CORAUX. -- Île Keeling. -- Aspect
merveilleux. -- Flore exiguë. -- Voyage des graines. -- Oiseaux.
-- Insectes. -- Sources à flux et reflux. -- Chasse aux tortues.
-- Champs de coraux morts. -- Pierres transportées par les
racines des arbres. -- Grand crabe. -- Corail piquant. --
Poissons se nourrissant de coraux. -- Formation des attoles. --
Profondeur à laquelle le corail peut vivre. -- Vastes espaces
parsemés d'îles de corail. -- Abaissement de leurs fondations. --
Barrières. -- Franges de récifs. -- Changement des franges en
barrières et des barrières en attoles. 151
BIOGRAPHIE.--Brun-Rollet. 159
VOYAGE AU PAYS DES YAKOUTES (Russie asiatique), par OUVAROVSKI
(1830-1839).
Djigansk. -- Mes premiers souvenirs. -- Brigandages. -- Le
paysage de Djigansk. -- Les habitants. -- La pêche. -- Si les
poissons morts sont bons à manger. -- La sorcière Agrippine. --
Mon premier voyage. -- Killæm et ses environs. -- Malheurs. --
Les Yakoutes. -- La chasse et la pêche. -- Yakoutsk. -- Mon
premier emploi. -- J'avance. -- Dernières recommandations de ma
mère. -- Irkoutsk. -- Voyage. -- Oudskoï. -- Mes bagages. --
Campement. -- Le froid. -- La rivière Outchour. -- L'Aldan. --
Voyage dans la neige et dans la glace. -- L'Ægnæ. -- Un Tongouse
qui pleure son chien. -- Obstacles et fatigues. -- Les guides. --
Ascension du Diougdjour. -- Stratagème pour prendre un oiseau. --
La ville d'Oudskoï. -- La pêche à l'embouchure du fleuve Ut. --
Navigation pénible. -- Boroukan. -- Une halte dans la neige. --
Les rennes. -- Le mont Byraya. -- Retour à Oudskoï et à
Yakoutsk. 161
Viliouisk. -- Sel tricolore. -- Bois pétrifié. -- Le Sountar. --
Nouveau voyage. -- Description du pays des Yakoutes. -- Climat.
-- Population. -- Caractères. -- Aptitudes. -- Les femmes
yakoutes. 177
DE SYDNEY À ADÉLAÏDE (Australie du Sud), notes extraites d'une
correspondance particulière (1860).
Les Alpes australiennes. -- Le bassin du Murray. -- Ce qui reste
des anciens maîtres du sol. -- Navigation sur le Murray. --
Frontières de l'Australie du Sud. -- Le lac Alexandrina. -- Le
Kanguroo rouge. -- La colonie de l'Australie du Sud. -- Adélaïde.
-- Culture et mines. 182
VOYAGES ET DÉCOUVERTES AU CENTRE DE L'AFRIQUE, journal du docteur
BARTH (1849-1855).
Henry Barth. -- But de l'expédition de Richardson. -- Départ. --
Le Fezzan. -- Mourzouk. -- Le désert. -- Le palais des démons. --
Barth s'égare; torture et agonie. -- Oasis. -- Les Touaregs. --
Dunes. -- Afalesselez. -- Bubales et moufflons. -- Ouragan. --
Frontières de l'Asben. -- Extorsions. -- Déluge à une latitude où
il ne doit pas pleuvoir. -- La Suisse du désert. -- Sombre vallée
de Taghist. -- Riante vallée d'Auderas. -- Agadez. -- Sa
décadence. -- Entrevue de Barth et du sultan. -- Pouvoir
despotique. -- Coup d'oeil sur les moeurs. -- Habitat de la
girafe. -- Le Soudan; le Damergou. -- Architecture. -- Katchéna;
Barth est prisonnier. -- Pénurie d'argent. -- Kano. -- Son
aspect, son industrie, sa population. -- De Kano à Kouka. -- Mort
de Richardson. -- Arrivée à Kouka. -- Difficultés croissantes. --
L'énergie du voyageur en triomphe. -- Ses visiteurs. -- Un vieux
courtisan. -- Le vizir et ses quatre cents femmes. -- Description
de la ville, son marché, ses habitants. -- Le Dendal. --
Excursion. -- Angornou. -- Le lac Tchad. 193
Départ. -- Aspect désolé du pays. -- Les Ghouas. -- Mabani. -- Le
mont Délabéda. -- Forgeron en plein vent. -- Dévastation. --
Orage. -- Baobab. -- Le Mendif. -- Les Marghis. -- L'Adamaoua. --
Mboutoudi. -- Proposition de mariage. -- Installation de vive
force chez le fils du gouverneur de Soulleri. -- Le Bénoué. --
Yola. -- Mauvais accueil. -- Renvoi subit. -- Les Ouélad-Sliman.
-- Situation politique du Bornou. -- La ville de Yo. -- Ngégimi
ou Ingégimi. -- Chute dans un bourbier. -- Territoire ennemi. --
Razzia. -- Nouvelle expédition. -- Troisième départ de Kouka. --
Le chef de la police. -- Aspect de l'armée. -- Dikoua. -- Marche
de l'armée. -- Le Mosgou. -- Adishen et son escorte. -- Beauté du
pays. -- Chasse à l'homme. -- Erreur des Européens sur le centre
de l'Afrique. -- Incendies. -- Baga. -- Partage du butin. --
Entrée dans le Baghirmi. -- Refus de passage. -- Traversée du
Chari. -- À travers champs. -- Défense d'aller plus loin. --
Hospitalité de Bou-Bakr-Sadik. -- Barth est arrêté. -- On lui met
les fers aux pieds. -- Délivré par Sadik. -- Maséna. -- Un
savant. -- Les femmes de Baghirmi. -- Combat avec des fourmis. --
Cortége du sultan. -- Dépêches de Londres. 209
De Katchéna au Niger. -- Le district de Mouniyo. -- Lacs
remarquables. -- Aspect curieux de Zinder. -- Route périlleuse.
-- Activité des fourmis. -- Le Ghaladina de Sokoto. -- Marche
forcée de trente heures. -- L'émir Aliyou. -- Vourno. --
Situation du pays. -- Cortége nuptial. -- Sokoto. -- Caprice
d'une boîte à musique. -- Gando. -- Khalilou. -- Un chevalier
d'industrie. -- Exactions. -- Pluie. -- Désolation et fécondité.
-- Zogirma. -- La vallée de Foga. -- Le Niger. -- La ville de
Say. -- Région mystérieuse. -- Orage. -- Passage de la Sirba. --
Fin du rhamadan à Sebba. -- Bijoux en cuivre. -- De l'eau
partout. -- Barth déguisé en schérif. -- Horreur des chiens. --
Montagnes du Hombori. -- Protection des Touaregs. -- Bambara. --
Prières pour la pluie. -- Sur l'eau. -- Kabara. -- Visites
importunes. -- Dangereux passage. -- Tinboctoue, Tomboctou ou
Tembouctou. -- El Bakay. -- Menaces. -- Le camp du cheik. --
Irritation croissante. -- Sus au chrétien! -- Les Foullanes
veulent assiéger la ville. -- Départ. -- Un preux chez les
Touaregs. -- Zone rocheuse. -- Lenteurs désespérantes. -- Gogo.
-- Gando. -- Kano. -- Retour. 226
VOYAGES ET AVENTURES DU BARON DE WOGAN EN CALIFORNIE
(1850-1852.--Inédit).
Arrivée à San-Francisco. -- Description de cette ville. -- Départ
pour les placers. -- Le claim. -- Première déception. -- La
solitude. -- Mineur et chasseur. -- Départ pour l'intérieur. --
L'ours gris. -- Reconnaissance des sauvages. -- Captivité. --
Jugement. -- Le poteau de la guerre. -- L'Anglais chef de tribu.
-- Délivrance. 242
VOYAGE DANS LE ROYAUME D'AVA (empire des Birmans), par le
capitaine Henri YULE, du corps du génie bengalais (1855).
Départ de Rangoun. -- Frontières anglaises et birmanes. -- Aspect
du fleuve et de ses bords. -- La ville de Magwé. -- Musique,
concert et drames birmans. -- Sources de naphte; leur
exploitation. -- Un monastère et ses habitants. -- La ville de
Pagán. -- Myeen-Kyan. -- Amarapoura. -- Paysage. -- Arrivée à
Amarapoura. 258
Amarapoura; ses palais, ses temples. -- L'éléphant blanc. --
Population de la ville. -- Recensement suspect. -- Audience du
roi. -- Présents offerts et reçus. -- Le prince héritier
présomptif et la princesse royale. -- Incident diplomatique. --
Religion bouddhique. -- Visites aux grands fonctionnaires. -- Les
dames birmanes. 273
Comment on dompte les éléphants en Birmanie. -- Excursions autour
d'Amarapoura. -- Géologie de la vallée de l'Irawady. -- Les
poissons familiers. -- Le serpent hamadryade. -- Les Shans et
autres peuples indigènes du royaume d'Ava. -- Les femmes chez les
Birmans et chez les Karens. -- Fêtes birmanes. -- Audience de
congé. -- Refus de signer un traité. -- Lettre royale. -- Départ
d'Amarapoura et retour à Rangoun. -- Coup d'oeil rétrospectif sur
la Birmanie. 280
VOYAGE AUX GRANDS LACS DE L'AFRIQUE ORIENTALE, par le capitaine
BURTON (1857-1859).
But de l'expédition. -- Le capitaine Burton. -- Zanzibar. --
Aspect de la côte. -- Un village. -- Les Béloutchis. -- Ouamrima.
-- Fertilité du sol. -- Dégoût inspiré par le pantalon. -- Vallée
de la mort. -- Supplice de M. Maizan. -- Hallucination de
l'assassin. -- Horreur du paysage. -- Humidité. -- Zoungoméro. --
Effets de la traite. -- Personnel de la caravane. -- Métis
arabes, Hindous, jeunes gens mis en gage par leurs familles. --
Ânes de selle et de bât. -- Chaîne de l'Ousagara. --
Transformation du climat. -- Nouvelles plaines insalubres. --
Contraste. -- Ruine d'un village. -- Fourmis noires. -- Troisième
rampe de l'Ousagara. -- La Passe terrible. -- L'Ougogo. --
L'Ougogi. -- Épines. -- Le Zihoua. -- Caravanes. -- Curiosité des
indigènes. -- Faune. -- Un despote. -- La plaine embrasée. --
Coup d'oeil sur la vallée d'Ougogo. -- Aridité. -- Kraals. --
Absence de combustible. -- Géologie. -- Climat. -- Printemps. --
Indigènes. -- District de Toula. -- Le chef Maoula. -- Forêt
dangereuse. 305
Arrivée à Kazeh. -- Accueil hospitalier. -- Snay ben Amir. --
Établissements des Arabes. -- Leur manière de vivre. -- Le Tembé.
-- Chemins de l'Afrique orientale. -- Caravanes. -- Porteurs. --
Une journée de marche. -- Costume du guide. -- Le Mganga. --
Coiffures. -- Halte. -- Danse. -- Séjour à Kazeh. -- Avidité des
Béloutchis. -- Saison pluvieuse. -- Yombo. -- Coucher du soleil.
-- Jolies fumeuses. -- Le Mséné. -- Orgies. -- Kajjanjéri. --
Maladie. -- Passage du Malagarazi. -- Tradition. -- Beauté de la
Terre de la Lune. -- Soirée de printemps. -- Orage. -- Faune. --
Cynocéphales, chiens sauvages, oiseaux d'eau. -- Ouakimbou. --
Ouanyamouézi. -- Toilette. -- Naissances. -- Éducation. --
Funérailles. -- Mobilier. -- Lieu public. -- Gouvernement. --
Ordalie. -- Région insalubre et féconde. -- Aspect du Tanganyika.
-- Ravissements. -- Kaouélé. 321
Tatouage. -- Cosmétiques. -- Manière originale de priser. --
Caractère des Ouajiji; leur cérémonial. -- Autres riverains du
lac. -- Ouatata, vie nomade, conquêtes, manière de se battre,
hospitalité. -- Installation à Kaouélé. -- Visite de Kannéna. --
Tribulations. -- Maladies. -- Sur le lac. -- Bourgades de
pêcheurs. -- Ouafanya. -- Le chef Kanoni. -- Côte inhospitalière.
-- L'île d'Oubouari. -- Anthropophages. -- Accueil flatteur des
Ouavira. -- Pas d'issue au Tanganyika. -- Tempête. -- Retour. 337
FRAGMENT D'UN VOYAGE AU SAUBAT (affluent du Nil Blanc), par M.
Andrea DEBONO (1855) 348
VOYAGE À L'ÎLE DE CUBA, par M. Richard DANA (1859).
Départ de New-York. -- Une nuit en mer. -- Première vue de Cuba.
-- Le Morro. -- Aspect de la Havane. -- Les rues. -- La volante.
-- La place d'Armes. -- La promenade d'Isabelle II. -- L'hôtel Le
Grand. -- Bains dans les rochers. -- Coolies chinois. -- Quartier
pauvre à la Havane. -- La promenade de Tacon. -- Les surnoms à la
Havane. -- Matanzas. -- La Plaza. -- Limossar. -- L'intérieur de
l'île. -- La végétation. -- Les champs de canne à sucre. -- Une
plantation. -- Le café. -- La vie dans une plantation de sucre.
-- Le Cumbre. -- Le passage. -- Retour à la Havane. -- La
population de Cuba. -- Les noirs libres. -- Les mystères de
l'esclavage. -- Les productions naturelles. -- Le climat. 353
EXCURSIONS DANS LE DAUPHINÉ, par M. Adolphe JOANNE (1850-1860).
Le pic de Belledon. -- Le Dauphiné. -- Les Goulets. 369
Les gorges d'Omblèze. -- Die. -- La vallée de Roumeyer. -- La
forêt de Saou. -- Le col de la Cochette. 385
EXCURSIONS DANS LE DAUPHINÉ, par M. Élisée RECLUS (1850-1860).
La Grave. -- L'Aiguille du midi. -- Le clapier de
Saint-Christophe. -- Le pont du Diable. -- La Bérarde. -- Le col
de la Tempe. -- La Vallouise. -- Le Pertuis-Rostan. -- Le village
des Claux. -- Le mont Pelvoux. -- La Balme-Chapelu. -- Moeurs des
habitants. 402
LISTE DES GRAVURES. 417
LISTE DES CARTES. 422
ERRATA. 427
DE SYDNEY À ADÉLAÏDE[1]
(AUSTRALIE DU SUD).
NOTES EXTRAITES D'UNE CORRESPONDANCE PARTICULIÈRE.
[Note 1: Sydney, chef-lieu de la Nouvelle-Galles
méridionale, fondée en 1787 dans une baie
magnifique connue sous le nom de port Jackson.
Population 100 000 habitants; latitude sud 33° 51',
longitude est 148° 40'.
Adélaïde, chef-lieu de la province de l'Australie
du sud, fondée en 1836 sur la côte orientale du
golfe Saint-Vincent, par 34° 58' de latitude et
136° 15' de longitude. Sa population est de 30 000
à 35 000 âmes.]
1860.
.... Le 1er mars dernier (1860), jour et mois correspondant, ne
l'oubliez pas, au 1er septembre de notre hémisphère, je quittai
Sydney, m'acheminant vers le sud dans une charrette à deux chevaux.
Une bonne route parallèle à la côte nous conduisit d'abord jusqu'à
Campbell-Town. En y arrivant nous apprîmes, à notre grand regret, que
le pont de Camden avait été enlevé par les dernières crues; il fallut
nous lancer dans un chemin de traverse; quel chemin! Jamais je ne
l'oublierai; en partant au point du jour, et ne nous arrêtant qu'à la
nuit, nous faisions tant bien que mal nos quinze kilomètres. Mme de
Sévigné, mettant vingt journées, au temps du grand roi, pour se rendre
de Paris à Grignan, allait d'un meilleur train. Nous arrivâmes le
dimanche à Picton, que la pluie continuelle avait mis dans un état de
désordre impossible à décrire. C'était un chaos de voitures
embourbées, de chariots dans la vase jusqu'à l'essieu, d'hommes
démoralisés déclarant qu'ils ne voulaient pas aller plus loin, offrant
à tout passant et à tout prix leurs chevaux, leurs voitures et tout
leur matériel. On se riait de notre prétention de pousser en avant;
mais nous avions pris la vieille devise des Douglas: «Jamais en
arrière;» et nous avancions..., non sans grande peine, il faut bien
l'avouer. Nous traversâmes le Bargo, moitié flottant, moitié roulant;
et bien nous fîmes, car les prudents qui nous blâmaient, la pluie
venant de plus belle, eurent huit jours devant eux pour prendre toutes
leurs précautions avant de pouvoir guéer la rivière. La malle arrive
trop tard pour suivre notre exemple, et, brandissant nos fouets, en
signe de triomphe railleur, nous partons pour Benima, où nous arrivons
le mercredi au soir; nouveau contre-temps, du magnifique pont de
pierre de cette place il ne reste aucun vestige! Que faire? Il y a
bien un petit bateau de passage; un canotier hardi nous promet de nous
passer avec notre bagage; mais les chevaux, mais notre charrette? On
fera passer les animaux à la nage; et on traînera la machine à la
remorque. Celle-ci fut assez docile, grâce à une ou deux barriques
vides; mais il n'en fut pas de même des quadrupèdes rétifs, et ce ne
fut pas sans efforts qu'on les décida à se lancer dans les eaux
écumantes. Pendant ce temps, les bourgeois de la localité nous
regardaient d'un air narquois et raillaient _les chercheurs d'or_.
Nous passons à leur nez et à leur barbe. Nous arrivons à Goulburn le
vendredi, par des chemins affreux, si tant est que cela puisse
s'appeler des chemins. Après une halte de deux heures dans ce
chef-lieu du comté d'Argyle, nous nous remettons en marche pour
Queanbeyan que nous atteignons le dimanche. Là je laisse mes
compagnons et la charrette et en me dirigeant sur une ligne d'arbres
encoches, j'arrive en deux jours aux mines. J'eus une semaine tout
entière à donner à l'examen des mineurs et de leurs travaux avant
l'arrivée des bagages, qui mirent neuf jours à venir de Queanbeyan.
Rude besogne, par ma foi, pour leurs conducteurs! Il leur fallut
décharger plusieurs fois le wagon, faire passer les colis à force de
bras par-dessus des troncs d'arbres, puis la charrette; plus d'une
fois ils furent sur le point de tout abandonner, bagage et wagon.
Dans mon exploration, pendant mes huit jours de solitude, je vis des
mineurs travaillant au bord de la rivière sur une étendue de douze
kilomètres environ, les uns heureux, remplissant leur pinte de poudre
d'or par jour, les autres, et comme toujours c'est le plus grand
nombre, ne faisant rien, bien qu'au milieu des _placers_ les plus
riches.
J'allai aussi visiter la _ville_ de Kiandra, qui est situé à environ
deux kilomètres des plus beaux _claims_. Elle ne possède qu'un seul
hôtel; il est tenu par un Yankee entreprenant qui se vante de pouvoir
loger cent personnes. En y arrivant, je pus remarquer une vingtaine
d'hommes qui, se précipitant sur un individu, lui coupèrent les
cheveux, lui attachèrent les mains derrière le dos, et lui
placardèrent sur les épaules un écriteau de voleur. La bande augmenta
en un clin d'oeil et deux cents personnes au moins furent à l'oeuvre
avant la fin de l'opération. Qui avec des courroies ou des étrivières,
qui avec des sangles ou des ceintures, tous s'en donnaient à coeur
joie sur les épaules du drôle. Je n'ai jamais entendu huer quelqu'un
de la sorte; enfin quelques âmes charitables s'interposèrent, et le
malheureux, étrillé de façon à s'en ressouvenir, put s'échapper.
.... Le dimanche qui, même dans les _placers_, devrait être un jour de
repos, est ici le pire de toute la semaine: combats de chiens, boxes,
querelles, jeu, ivresse, débauche de la plus honteuse espèce, tout est
réservé pour le jour du Seigneur. Pendant tout le mois que je restai
aux _placers_, je ne vis pas une seule fois célébrer le dimanche. Il
faut reconnaître cependant que la nuit qui le suit et celle qui le
précède sont les plus calmes de toute la semaine; on n'y entend pas
surtout ces lamentables violons et autres instruments criards que la
vieille Europe s'acharne à importer avec elle partout où elle va
dresser son foyer ou sa tente!
Le district aurifère, l'Eldorado de la Nouvelle-Galles, s'étend sur
les comtés de Murray, de Beresford, de Wallace et de Wellesley. Il
forme une ligne onduleuse le long du thalweg des hautes vallées du
Morumbidge et de la Snowy, creusées l'une et l'autre entre les Alpes
australiennes à l'ouest, la chaîne côtière de la Nouvelle-Galles à
l'orient, et descendant, la première au nord et vers l'intérieur du
continent, la seconde au sud et vers le détroit de Bass. Au point de
partage des eaux de ces vallées, je n'étais qu'à trois ou quatre jours
de marche de la ville d'Eden et de Twofold-Bay, où j'étais sûr de
trouver un prompt passage pour Sydney. Mais les aventureux habitants
de Kiandra me parlèrent d'une route récemment frayée par quelques-uns
d'entre eux dans la double direction de Melbourne et d'Adélaïde.
Contournant par le nord-ouest la base des Alpes australiennes, elle
aboutit à Albury sur le fleuve Murray, parcouru à cette époque de
l'année par des bateaux à vapeur. Il y avait là une occasion tentante
de voir les plaines de l'ouest, d'étudier les progrès de la
colonisation le long des plus grands cours d'eau du continent
australien et de vérifier les merveilles de cette Australie du sud,
objet de tant de récits et de tant de jalousie de la part des vieux
colons de Sydney...; j'y cédai.
Les Alpes australiennes. -- Le bassin du Murray. -- Ce qui
reste des anciens maîtres du sol.
Pendant que mon wagon, mes bagages et la plupart de mes gens filaient
vers Twofold-Bay, je leur tournai le dos en ne prenant avec moi que
deux hommes, trois chevaux et une demi-douzaine de mâtins et de
_pointers_ que de pauvres diables de mineurs m'avaient cédés à grand
prix, dans les _diggings_, _et seulement pour m'obliger_. Je
m'acheminai, à petites journées, à travers les mille vallées qui
rayonnent autour des flancs nord et nord-ouest des monts Kosciusko,
Balh-Hill, Maragoura, Tennent, Talbingo et Manesranges, etc., et qui
portent au Morumbridge et au Murray les eaux de ces Alpes des
antipodes. Vous pouvez pointer sur la grande carte de Keith-Johnston
la ligne semi-circulaire qui me conduisit de Cooma à Albury par Numit
et Bago, localités bien peu connues de vos géographes. Cette ligne
parcourt certainement quelques-uns des plus beaux sites que renferme
le continent australien; car nulle part, sur cette terre, où la nature
semble encore en travail de formation, on ne saurait trouver un
ensemble aussi complet de vrais paysages, d'eau et de rochers, de
montagnes, de gazons et de bois.
Aussi je me réserve de vous décrire une autre fois, et avec les
détails qu'elle mérite, cette partie de mon voyage. Je ne veux
aujourd'hui que vous retracer à la hâte les principales impressions
qu'elle m'a laissées.
Il y a trente-six ans à peine que les premiers pionniers, partis de
Sydney, pénétrèrent dans ces régions; il n'y en a pas vingt-cinq
qu'elles furent explorées scientifiquement par Mitchell, et cependant
il faudra moins de temps encore pour que l'état originel de la contrée
ne se retrouve plus que dans le livre de ce voyageur. Bientôt les
chercheurs d'or, les _bushmen_, la dent et le pied des troupeaux, la
charrue et la hache du _squatter_ auront tout changé,--je suis loin de
dire tout embelli.
[Illustration: Australie du sud.--Types indigènes.--Dessin de G. Fath
d'après Petermann.]
Ce qui m'a le plus frappé, c'est le petit nombre d'indigènes et le peu
de gibier que j'ai rencontré sur une ligne de plus de 400 kilomètres,
parcourue en chasseur, ma meute en quête et l'oeil aux aguets. Animaux
et hommes sauvages s'éteignent et fondent ici comme ailleurs au
souffle fatal de la colonisation européenne. Les tribus de plusieurs
centaines d'individus, que Stuart et Mitchell visitèrent sur les
affluents supérieurs du Murray, ne sont plus représentées que par des
groupes épars de sept ou huit malheureux affamés. J'ai en vain aussi
cherché à découvrir quelqu'un de ces _bocages de la mort_, qui jadis
marquaient le centre de parcours, la terre patrimoniale de chacune de
ces grandes tribus, et dont la plume et le crayon de Mitchell nous ont
tracé de si remarquables tableaux. Ces poétiques sépultures ont
disparu à leur tour; les descendants ont manqué aux aïeux pour
entretenir les _tumuli_ de gazon et les petits sentiers sablés qui
circonscrivaient, sous l'ombre des eucalyptus et des mélaleucas, les
cases de ces échiquiers funéraires. Les pousses de quelques printemps,
les pluies d'un petit nombre d'automnes auront suffi pour tout
envahir, tout recouvrir ou tout niveler. Si l'on veut voir aujourd'hui
une sépulture indigène, il faut aller la chercher dans les déserts
dénudés de l'ouest. Là, de loin en loin, quatre branches brutes,
fichées en terre et croisées à leur sommet, supportent la dépouille
mortelle d'un Australien, ayant pour suaire une peau de kanguroo qui
le défend mal contre l'inclémence de l'air et les insultes des oiseaux
de proie, jusqu'à ce que la décomposition cadavérique livre ces
lamentables restes aux chiens sauvages, accourus à cette curée des
quatre aires de l'horizon.
[Illustration: Sépultures australiennes dans les bois.--Dessin de
Lancelot d'après Mitchell.]
.... Les aborigènes ont de nombreux vices, il est vrai, mais, nous
devons l'avouer, il en est beaucoup qu'ils doivent au contact du monde
civilisé; ils sont cruels, durs dans leurs rapports de famille, en un
mot, possèdent en grand nombre de ces défauts qui distinguent les
tribus sauvages et barbares. Cependant, d'après les observations
recueillies depuis vingt ans par tous les directeurs et inspecteurs
que l'administration anglaise leur a donnés, les Australiens possèdent
des qualités qui pourraient servir d'éléments à la constitution d'un
caractère moral d'un ordre plus élevé. Ils ont l'intelligence vive,
observent et étudient avec finesse les objets inconnus; leur pouvoir
d'imitation est extraordinaire; ils peuvent représenter les objets
dans leur exacte proportion, et quand ils examinent un dessin, aucun
détail ne leur échappe. Très-habiles à manoeuvrer la lance et le
boomerang, ils déploient une vraie sagacité dans l'emploi surtout de
cette arme de jet, dont le principe scientifique a, jusqu'à ce jour,
échappé aux explications de la science.
Rien ne peut égaler l'adresse avec laquelle ils jettent cette arme
bizarre qui après avoir frappé le but revient tomber aux pieds de
celui qui l'a lancée.
Leurs facultés perceptives sont donc très-développées; mais l'absence
des facultés réflectives, et surtout le manque d'esprit de suite dans
leurs idées, est le plus grand obstacle à leur civilisation; obstacle
sérieux mais non insurmontable, et nous pourrions citer de nombreux
cas où l'intelligence supérieure des blancs, aidée de leur dévouement,
a su relever des tribus sauvages bien plus dégradées encore.
M. Thomas, le directeur actuel des aborigènes dans le district de
Victoria, qui a beaucoup étudié ce sujet, dit que les enfants des deux
sexes parviennent aisément à lire et à écrire; qu'ils apprennent
facilement par coeur des morceaux de poésie et de chant; qu'ils aiment
beaucoup les leçons orales traitant de la géographie, et qu'ils
comprennent parfaitement l'usage des cartes.
Un jeune aborigène a eu, deux ans de suite, le prix de géographie à
l'école normale de Sydney; mais il était d'une ignorance complète en
arithmétique. Les filles comprennent vite les travaux d'aiguille et de
couture, et les garçons tout ce qui a trait à l'agriculture et à
l'élève des bestiaux.
Comme on a exagéré leurs défauts, on n'a pas manqué d'exagérer leur
laideur et leur type. Certes, ce ne sont ni des Apollons ni des
Antinoüs; mais parmi nos deux cent cinquante et quelques millions de
congénères qui se prétendent fils de Japhet ou de Prométhée, combien y
a-t-il de types qui puissent servir de modèle à un statuaire? combien
de têtes vraiment belles? Je n'ose répondre.
.... Le teint des Australiens est brun de rouille ou couleur de
chocolat; leur grandeur moyenne varie entre cinq pieds quatre pouces
et cinq pieds sept pouces (1m,62 à 1m,72), leur tête est petite, leurs
cheveux sont longs, couleur noire de poix, lisses et gros, parfois
aussi bouclés et fins; ils ont généralement les lèvres grosses, le nez
large et aplati, le front en arrière, mais une denture superbe et de
grands yeux vifs. L'abdomen prédominant et les membres grêles dont nos
peintres caricaturistes les ont tant gratifiés, ne sont guère leur
apanage que dans leur bas âge et quand ils sont mal nourris.
Je le répète, dans tout travail qui exige l'emploi des facultés
perceptives, l'aborigène est supérieur au blanc. Les enfants nés de
parents européens et élevés en Australie semblent acquérir à un haut
degré cette extraordinaire faculté de perception qui caractérise les
indigènes.
Jusqu'à présent on a été injuste, inhumain à leur égard. Les blancs ne
se sont pas fait faute de les tuer en grand nombre sans plus de souci
que du gibier: on les a expulsés des endroits qu'ils occupaient, on
leur a pris leur terrain de chasse sans se préoccuper le moindrement
de leurs moyens d'existence. Il faut dire qu'ils étaient peu nombreux,
sans chefs, et qu'ils fuyaient à l'approche des blancs. Ils n'ont pas,
comme les nouveaux Zélandais, résisté les armes à la main aux
envahissements des colons. Eussent-ils été plus puissants, les
Européens seraient arrivés à composer plus équitablement avec eux.
Dans les deux millions cinq cent mille kilomètres carrés de la
province de Victoria, il est à peine un endroit où un aborigène puisse
trouver le repos; le bétail, dit-on, ne veut pas rester là où habitent
les noirs, et trop souvent le blanc n'a pas hésité à sacrifier les
quelques noirs qui s'opposaient à l'installation de ses boeufs et de
ses moutons.
Navigation sur le Murray. -- Frontières de l'Australie du
sud Le lac Alexandrina. -- Le Kanguroo rouge.
Ayant trouvé à Albury un petit steamer qui, pour la première fois,
avait pu remonter jusque-là, je m'y embarquai, et après huit jours
d'une navigation régulière sur le Murray, nous franchîmes le cent
quarante et unième méridien de longitude, qui forme la ligne de
démarcation entre la colonie de Victoria et celle de South-Australia.
Nous fîmes aussi nos adieux à la Nouvelle-Galles qui, jusque-là, avait
été limitée par la berge de droite de la rivière. L'abondance de
beurre, d'oeufs, de lait, etc., que nous trouvâmes à la première
escale, après avoir franchi la limite de ces deux provinces, me
démontra clairement la supériorité de l'esprit industrieux des colons
du sud sur celui de leurs voisins de l'est.
[Illustration: Map.]
Au delà de ce point, le fleuve se replie vers le sud, en se dirigeant
directement vers la mer. Les falaises de roches, qui bordent son cours
inférieur, sont de plus en plus rapprochées et de plus en plus
élevées. Elles consistent en grès jaune, alternant avec des couches de
calcaire, remarquables par leur horizontalité. Lentement désagrégées
par l'action de l'atmosphère pendant des siècles, leur stratification
toutefois s'est ajustée au niveau de l'eau avec une précision
mathématique. Ces roches sont percées de trous en tout sens, creusés,
dans le but d'y nicher, par les kakatoès blancs, aussi bien que par
d'autres oiseaux. Sur la saillie d'une de ces roches, fort près de
l'eau et dans un voisinage très-solitaire, je ne fus pas peu surpris
de voir un lapereau sautillant deçà et delà. Il faut croire que
quelques sujets de cette espèce ont été mis en liberté en cet endroit
par un naturaliste philanthrope, et qu'ils se sont multipliés.
Le onzième jour de notre navigation nous débouchâmes avec le fleuve
dans le lac Alexandrina. Il est difficile de calculer la distance
parcourue par la vapeur, tant à cause des innombrables méandres que
décrit le Murray, qu'à cause des arrêts que l'on fait en route;
néanmoins on estime généralement la portion navigable du Murray à
environ deux mille kilomètres, ce qui est suffisant, je pense, pour
faire de ce fleuve un cours d'eau respectable.
Le lac Alexandrina, dans lequel il débouche, présente la plus belle
nappe d'eau douce que j'aie jamais vue. Car, agitée comme elle l'était
sous l'effort d'un vent qui soufflait assez rudement pour tourner le
coeur à qui n'avait pas pied marin, on l'eût prise pour tout autre
chose qu'un bassin continental. Il mesure quarante à cinquante milles
de long sur douze à quinze de large, et ses bords s'abaissent et
s'effacent à l'horizon de manière à rappeler les grèves de la mer.
Goolwa, qui commande l'entrée et la sortie du Murray, est le point de
cette navigation intérieure le plus rapproché d'Adélaïde; c'est une
ville naissante de peu d'étendue et sans prétentions. Au port Elliot,
situé dans la baie Enconter, il y a une voie ferrée fort bien faite,
qui dessert à bon marché les navires en chargement pour l'exportation,
ainsi que ceux qui apportent à la colonie les produits du dehors.
Cette voie ferrée mérite d'être étudiée; elle traverse sept milles de
pays assez favorables à sa construction, qui est formée de rails de
fer placés sur des traverses de bois. Elle est desservie par des
chevaux. Deux de ces animaux peuvent y mouvoir quatorze tonnes au
trot, et elle n'a coûté que quarante-sept mille francs par kilomètre.
.... C'est dans le trajet de ce port à Adélaïde, trajet que je fis non
par la grande route, mais à petites journées, à travers champs et avec
force zigzags, comme un homme venu de loin pour étudier le pays, que
je tuai pour la première fois un kanguroo rouge (_macropus
giganteus_), tout à la fois le plus grand spécimen de son espèce et le
plus grand animal de l'Australie; il est aussi le plus rare. Quand les
chiens approchent d'une bande de ces animaux, _le vieil homme_, comme
l'appellent les _Bushmen_, c'est-à-dire le plus vieux mâle, s'arrête,
s'appuyant contre un tronc d'arbre, s'il s'en trouve dans le
voisinage, et se tenant dressé sur ses jambes de derrière, il attend
tranquillement l'attaque. Il est peu de vieux chiens qui osent se
lancer franchement sur lui, car les kanguroos se servent si habilement
de leurs pieds de derrière qu'un chien qui attaque sans précaution
vient s'y embrocher comme sur un épieu, et se trouve rejeté au loin,
le ventre ouvert et les entrailles pendantes. Ces kanguroos sont si
vigoureux que, s'il se trouve une mare dans le voisinage, ils
saisissent les plus gros dogues entre leurs pattes antérieures, et
bondissent à l'eau où ils piétinent le chien jusqu'à ce qu'il soit
noyé. Dans l'occasion dont il s'agit, j'étais en chasse avec une
laisse de chiens superbes, dans le _Bush_ qui couvre les falaises de
la presqu'île d'York, entre les golfes Spencer et Saint-Vincent. Mes
chiens firent lever un _forestier rouge_, le plus grand que j'aie
jamais vu. Pendant trois kilomètres environ, nous eûmes une chasse
splendide; ayant alors fait face aux chiens, mon vieux kanguroo en
éventra un, puis se dirigea en droiture vers la grève; il y avait
bonne brise nord; Fango, un énorme griffon au poil rude, pressait le
kanguroo qui filait toujours vers la mer; j'étais bien loin de penser
au parti qu'il allait prendre. À mon profond étonnement, mon _vieil
homme_ de la falaise, peu élevée à l'endroit où il se trouvait, saute
sur la plage, traverse résolument le ressac qui battait violemment la
côte; Fango le suit, se jette à l'eau. Aussitôt en dehors du ressac,
le kanguroo ayant la tête et les épaules hors de l'eau se retourne, et
attend, calme et tranquille, mon chien qui nageait courageusement pour
l'atteindre. Il savait bien ce qu'il faisait, le vieux rusé; il avait
l'oeil sur Fango, et avant que celui-ci eût pu lui sauter à la gorge,
il le saisit avec ses pattes antérieures, le tenant très-soigneusement
sous l'eau. Ceci se passa en moins de temps que je ne mets à l'écrire.
L'air grave et tranquille du _vieil homme_ passe tout ce qu'on peut
imaginer; je ne puis mieux comparer son occupation qu'à celle d'une
blanchisseuse plongeant et replongeant dans l'eau son linge qui
remonte toujours à la surface. Mais cela ne pouvait durer; mon chien
allait se noyer; j'entrai sans hésiter dans le ressac, tenant un fusil
élevé le plus possible au-dessus de ma tête pour le garantir de l'eau:
je ne pouvais, du reste, tirer que de très-près, n'ayant que du plomb
dans mes canons. Je m'avançai tant que je pus, j'avais de l'eau jusque
sous les bras, quand je me décidai à tirer; j'ajustai soigneusement,
mais sans aucun résultat que de changer la scène. Le kanguroo
abandonna mon chien et vint à moi, bondissant et éclaboussant.
«Attention! pensai-je, si je ne te tue pas, tu me noieras.» Je gardai
mon fusil à l'épaule, l'attendant très-sérieusement, je vous assure,
et quand il fut assez près, si près qu'il touchait mon canon,
j'appuyai le doigt sur la gâchette: il tomba roide mort. Fango, remis
de son bain un peu forcé, m'aida à amener _le vieil homme_ sur la
plage, et ce ne fut pas sans peine.
La colonie de l'Australie du sud. -- Adélaïde. -- Culture et
mines.
En visitant la colonie de l'Australie du sud, je m'attendais à y
rencontrer l'association d'une industrie intelligente avec de
sérieuses applications pratiques, le tout sans les détails
insignifiants, inséparables d'une communauté restreinte. J'avais
connu, pendant nombre d'années, de très-intelligents colons de ce pays
qui m'avaient paru singulièrement enthousiastes dans leurs
appréciations des nombreuses vertus de leur colonie. Je ne me sentais
guère entraîné à leur donner pleine confiance, car l'exagération de
leurs éloges me portait à réagir intérieurement. Ces colons me
semblaient par trop entraînés par leurs sentiments personnels, et,
bien que j'aime l'enthousiasme, je m'en méfie.
[Illustration: Sépulture australienne au désert.--Dessin de Doré
d'après un ouvrage intitulé: The Rambles at the Antipodes (Excursion
aux antipodes).]
Mais la seule vue d'une portion fort limitée de l'Australie du sud me
convainquit qu'il y avait réellement dans cette colonie les éléments
capables d'exciter les sympathies et de justifier les éloges de
quiconque est l'ami des terres australiennes. Dès le premier pas que
je fis en dedans de sa frontière, je fus à même de constater un
développement remarquable de patiente et laborieuse industrie. Le même
esprit règne dans toute la colonie. Les ressources ne sont peut-être
pas à comparer avec celles d'un voisinage plus favorisé, mais quelles
qu'elles soient, elles sont développées avec autant d'intelligence que
d'activité. Aussitôt que l'on arrive au lac Alexandrina, des terrains
en pleine culture, des habitations confortables, des moulins à vapeur,
des centres de populations prospères apparaissent de toutes parts, et
l'on se sent dans un pays où tous les besoins d'un peuple civilisé
peuvent facilement trouver satisfaction.
Rarement j'éprouvai une sensation plus agréable que celle que me
procura la vue soudaine de Villianga, un charmant hameau situé à
mi-route de Goolwa à Adélaïde. Nous avions chassé tout le jour et sans
beaucoup de succès à travers une contrée misérable et stérile; notre
patience était à bout comme nos forces. Les broussailles de gommiers,
une incessante succession de coteaux poussiéreux, n'avaient été
qu'imparfaitement compensés par quelques belles échappées et par une
abondance de ces belles fleurs sauvages que l'Australie semble
réserver aux parties de son sol les plus ingrates, lorsque soudain, au
déclin du soleil, les tristes broussailles parurent s'évanouir et le
spectacle qui s'offrit à nous ne ressembla à rien de ce que j'avais vu
depuis mon départ d'Angleterre. Du haut de la colline où nous étions,
on aperçoit une étendue de pays de plusieurs milles de rayon; et du
nord au sud, de l'est à l'ouest, jusqu'à la mer qui borne l'horizon,
ce ne sont que terres cultivées. À trente milles de là, les brumes
d'une grande ville indiquent l'emplacement d'Adélaïde, et de tous
côtés les flancs émaillés des légères collines, les clôtures qui
s'étendent dans la plaine, les jardins bordés de haies, les vergers
plantureux, les habitations confortables signalent la présence d'une
race agricole active et industrieuse, qui a su échapper aux griffes du
plus détestable des propriétaires, le gouvernement. Là des moissons
verdoyantes dont la tendre coloration contraste avec les blondissantes
céréales qui, semées en hiver, se parent BOUT la moisson prochaine;
ici un champ fraîchement labouré dont les teintes sombres décèlent la
richesse du sol; plus loin, des prés, des foins en meules embaument
l'air, tout, en un mot, révèle un grand pays agricole.
Depuis longtemps mon regard ne s'était pas reposé sur une aussi grande
étendue de terres cultivées. Ce fut comme la réalisation d'un rêve;
car, à Sydney, pendant des années, je m'étais efforcé, dans mon humble
sphère, d'attirer l'attention de mes voisins sur la possibilité
d'entrer dans cette voie, avec un pays aussi plein de ressources que
le leur, et de leur démontrer la nécessité d'en finir avec le vieux
système de monopole et d'exiger du sol le meilleur produit possible.
J'appuyais surtout, de mon mieux, sur la culture variée, l'extension
des terres cultivées, du jardinage, le développement des vergers, les
essais de viticulture; mais en vain, et ici je trouvais mes idées
réalisées et les résultats pratiques de tout ce que j'avais prêché
théoriquement.
À partir de ce jour, je visitai les localités les plus intéressantes
de l'Australie méridionale, et rien n'est venu détruire cette première
impression. C'est l'Angleterre, mais l'Angleterre sans ses
monstrueuses anomalies d'extravagantes richesses, auxquelles des
misères profondes servent de cadre. C'est l'Angleterre avec un beau
climat, un sol vierge, avec la liberté sans ses antiques abus; c'est
l'Angleterre avec des institutions plus généreuses, avec des citoyens
plus libres.
Le système territorial de l'Australie du sud est basé sur une division
de quatre-vingts acres, servant de base fixe, et toute la superficie
du pays est divisée en lots de même grandeur. C'est une étendue bien
calculée. Un bon agriculteur sait qu'avec le travail intelligent d'une
année il peut mettre de côté deux mille francs, et ses efforts tendent
à réaliser cette somme.
Chaque jour il apprend à utiliser ses connaissances agronomiques dans
un nouveau climat, et il connaît de mieux en mieux le terrain où il
pourra fonder un établissement. Après l'acquisition de la terre il
peut encore avoir besoin de travailler afin d'enclore son terrain,
d'acheter un attelage de boeufs ou une paire de chevaux. Enfin il
arrive à posséder un établissement à lui, et il se met courageusement
à l'oeuvre pour devenir un fermier indépendant. La première récolte
lui laissera probablement des ressources, la deuxième le mettra à même
d'acheter une ou deux parcelles attenantes à la sienne, et ainsi,
graduellement, il arrive à être un propriétaire aisé et en agriculteur
considérable, sans toutefois que la progression lui tourne la tête et
l'entraîne à des erreurs, mais cependant avec assez de rapidité pour
soutenir son énergie. C'est ainsi que le nombre croissant de pareils
hommes a amené l'Australie méridionale au point de prospérité où elle
se trouve, et l'on pourra avantageusement comparer cette race
d'industrieux travailleurs avec n'importe quelle autre au monde. Pour
démontrer la différence de cette colonie avec Victoria sa voisine, il
me suffira de citer la dépense d'hôtel que je fis la dernière fois que
je fus à Melbourne, où je payais cinq francs soixante centimes pour
chaque repas. Dans le premier hôtel de l'Australie du sud, je payai
deux francs cinquante centimes pour un repas plus abondant et de
meilleure qualité.
Deux choses me frappèrent dans mes excursions au travers du pays, le
nombre des moulins et celui des enclos formés de haies vives.
Je considère que l'existence de nombreux moulins est un symptôme de
vitalité dans une colonie dont toutes les tendances se dirigent vers
l'agriculture. Quant aux haies, il est curieux de voir combien
Victoria en manque, en la comparant avec les colonies limitrophes.
Dans l'île de Tasmanie, tout le pays est divisé par des haies épaisses
d'églantiers, dont l'effet charme et la vue et l'odorat, l'air en est
embaumé. Dans l'Australie du sud l'on se sert de l'acacia épineux que
fournit, je pense, l'île des Kanguroos et qui forme d'excellentes
haies. Il pousse vite, et, bien mené, il forme une palissade épaisse
qui garantit admirablement les jardins et les vergers. Son seul
inconvénient est d'être facilement détruit par le feu, même à l'état
vert. La généralité des haies ajoute encore ici à l'apparence cultivée
du pays, et vous fait faire un triste retour sur la nudité des poteaux
et des pieux qui bornent les propriétés dans les banlieues de Sydney
et de Melbourne.
Quelques avantages que l'on puisse trouver dans les districts ruraux
de cette colonie, on ne saurait cacher les désagréments de ses villes.
Adélaïde est située assez avantageusement, même judicieusement, et
toutefois, pendant plusieurs mois de l'année, elle est complétement
inhabitable, et en cela aussi mal appropriée à la résidence de l'homme
que Melbourne, que l'on vante tant et pour les mêmes causes. D'abord
la poussière y est insupportable; on me décrivait une fois Adélaïde
comme une ville où, dès le matin, on devait se laver la bouche avant
de pouvoir parler, et où, pendant le jour, on entendait ses paupières
crier quand on clignait des yeux. Je n'en avais rien voulu croire,
mais mon expérience personnelle me fit reconnaître que l'état poudreux
d'Adélaïde, tel que l'on me l'avait décrit, n'était que légèrement
exagéré.
Sans cet inconvénient, la ville serait agréable, et l'on conçoit
difficilement que dans une agglomération d'habitants comme celle que
l'on trouve dans nos villes d'Australie, telles que Melbourne, Sydney,
Adélaïde ou Hobart-Town, l'on n'ait jamais songé à adopter des mesures
tendant à faire disparaître les inconvénients de la saleté et de la
poussière.
La population d'Adélaïde commence à donner le bon exemple d'élever des
plantations en ville. Les particuliers peuvent planter devant leurs
propriétés, et la municipalité a fait garnir le pourtour de la ville
et les places d'arbres d'ornement.
Adélaïde est bâtie dans une vaste plaine limitée par le Torrens qui
l'alimente d'eau. Cette rivière est insignifiante, pendant l'été
surtout, et n'a guère plus d'eau à cette époque que les torrents
algériens ou andalous; toutefois, si peu abondante que soit l'eau,
elle ne tarit pas et est d'assez bonne qualité. D'un côté Adélaïde est
abritée par une rangée de coteaux d'une grande beauté. Ces collines
sont distantes entre elles de cinq milles à peu près; la plus haute
mesure, dit-on, deux mille pieds. Elles courent depuis les plaines de
la côte jusqu'au district de Burra, pendant l'espace d'une centaine de
milles, et présentent partout un charmant aspect. Légèrement ondulées,
tantôt couvertes de bois, tantôt arrondies en dômes, accidentées de
mille manières pittoresques, jamais elles ne fatiguent l'oeil qui se
repose sur la succession de leurs contours. Que le soleil se lève,
qu'il plane au zénith ou qu'il se couche, elles présentent mille
beautés de lumière et d'ombre, auxquelles s'ajoutent les caprices des
nuages qu'entraîné le vent; puis, ça et là au milieu des cultures, des
parcelles d'un vert intense ajoutent aux aspects d'un paysage où l'on
sent l'action de la main de l'homme.
Les jardins des environs d'Adélaïde sont plus nombreux que dans les
autres colonies; très-étendus, bien cultivés, ils sont d'un bon
rapport. Pendant la saison, les fruits abondent, depuis la grosse
groseille jusqu'à l'orange. Il y a de grands jardins plantés
d'oliviers, mais, à ma grande surprise, on n'utilise pas leurs fruits,
qui tombent et noircissent le sol où ils pourrissent; les frais pour
l'extraction de l'huile ou pour conserver les olives sont encore si
élevés qu'on est forcé de perdre la récolte, et à ce sujet un
jardinier m'avoua avoir offert toute la sienne à qui pourrait
l'utiliser, et n'avoir pas trouvé d'amateur.
Les orangers sont, au contraire, cultivés avec succès par plusieurs
colons. J'en ai vu chez un seul propriétaire une plantation de sept
acres, et, bien que jeunes encore, les arbres sont vigoureux et
commencent à rapporter abondamment. La culture n'en est pas
très-développée, mais aussitôt que l'usage de ce précieux fruit
s'étendra, les jardiniers qui y ont consacré leurs soins en retireront
de bons revenus. La vigne aussi est cultivée sur une grande échelle;
on connaît le beau raisin qu'expédié Adélaïde; on n'en a pas vu de
pareils dans les autres parties de l'Australie. La fabrication du vin
prend de l'extension, et la qualité des produits est aussi bonne que
celle des meilleurs crus de la Nouvelle-Galles méridionale. Peut-être
ont-ils un goût de terroir trop prononcé. Mon opinion est que les
vignes sont plantées dans une terre trop forte, et le colon, habitué à
faire fructifier la meilleure terre possible, applique les mêmes
principes à la culture de la vigne que ceux qui conviennent à celle du
blé et de la pomme de terre. Mais ce sont là des défauts que le temps
et l'expérience corrigeront. Enfin, à l'honneur de cette jeune
colonie, on doit constater qu'elle a déjà mis en culture au moins
15 000 hectares de plus que chacune de ses deux aînées, la
Nouvelle-Galles et Victoria, bien plus riches et bien plus peuplées.
Les chemins de fer et le télégraphe progressent assez lentement. Une
ligne ferrée relie Adélaïde avec le port et s'étend jusqu'à
Gawler-Town, à vingt-cinq milles dans l'intérieur, dans la direction
des grandes mines de cuivre de Burra.
Le télégraphe électrique qui communique avec Victoria doit se relier
avec Sydney; son installation laisse bien quelque chose à désirer;
mais il faut un peu d'indulgence pour l'application d'une découverte
si récente de la science du vieux monde, dans un monde né d'hier en
quelque sorte.
[Illustration: Restes d'un voyageur retrouvé par ses compagnons dans
les déserts du lac Torrens.--Dessin de Doré d'après _the Rambles at
the Antipodes_.]
Le point le plus intéressant à visiter dans l'Australie méridionale
est la belle mine de cuivre de Burra. Située au nord d'Adélaïde, elle
est éloignée de cette ville d'à peu près cent milles. On peut s'y
rendre en voyageant toujours en plaine le long de la ligne des
charmants coteaux dont je vous ai parlé. Les premiers vingt-cinq
milles se font en chemin de fer, et puis on prend la voiture, qui vous
mène par une route assez bonne en général, mais parfois détestable. La
mine de Burra présente une scène des plus animées. Neuf cents hommes
et enfants y sont employés par la Compagnie à extraire la gangue et à
la travailler pour la livrer au commerce. Une autre compagnie se
charge de la fonte, elle achète la matière première à la compagnie
minière et la réduit en cuivre pur pour être expédié. Les mines par
elles-mêmes sont de grande étendue, le gisement des filons varie entre
une profondeur de quelques mètres et celle de cent dix; et le système
des galeries peut présenter un développement de près de six milles.
Cette mine a déjà donné aux actionnaires plus que soixante-deux fois
le capital premier, et elle progresse encore! Il y a d'autres mines à
Kapunda et dans d'autres localités, mais aucune ne saurait être
comparée en rendement et en étendue avec celle-ci. J'ai encore bien
des observations à vous communiquer sur l'Australie méridionale et sur
les entreprises récentes tentées, avec un égal enthousiasme, et par
les particuliers et par le gouvernement local pour l'exploration de
l'intérieur du continent; entreprises qui viennent d'illustrer les
noms des voyageurs Stuart, Babbage, Warburton, Hack, du gouverneur
Mac-Donel lui-même, et qui ne sont ni sans grandes fatigues, ni sans
grands dangers, témoin ce pauvre Coulthard, mort de soif dans le
désert, où il s'était égaré, et retrouvé plusieurs semaines après, sa
main de squelette encore étendue sur une cantine en étain, où il avait
gravé ses dernières impressions d'agonie!!! Laissez-moi terminer cette
lettre en vous affirmant qu'en dépit des richesses minérales que j'ai
contemplées de mes yeux ou touchées du doigt depuis quelques mois, je
vivrai et je mourrai dans la conviction que le vrai bonheur est
étroitement associé aux opérations agricoles, au bon marché et à
l'abondance des simples biens dus à la fécondité de noire mère la
terre.
Traduit par F. de LANOYE.
GRAVURES.
Dessinateurs.
Chapelle de Sainte-Rosalie (près Palerme) Rouargue 1
Types et costumes siciliens Rouargue 4
Ruines à Girgenti (Agrigente) Rouargue 5
Vue de Syracuse Rouargue 8
Taormine et l'Etna Rouargue 9
La Marine à Messine Rouargue 12
Rocher de Scylla Rouargue 13
Stromboli Rouargue 16
Pigeonnier près d'Ispahan Jules Laurens 17
Pont d'Allah-Verdi-Khan sur le Zend-è-Roud,
à Ispahan Jules Laurens 21
Collége de la Mère du roi, à Ispahan Jules Laurens 24
Une peinture indienne dans le palais des
Quarante-Colonnes, à Ispahan Jules Laurens 25
Entrée de Kaschan Jules Laurens 28
Une caravane persane au repos Jules Laurens 29
Types persans Jules Laurens 32
Faubourg de Téhéran Jules Laurens 33
La porte de Schah-Abdoulazim Jules Laurens 36
Dans une cour, à Téhéran Jules Laurens 37
Types et portraits persans Jules Laurens 40
Groupe de Persans Jules Laurens 41
Dans l'Enderoun (appartement intérieur
-- Costumes d'intérieur et de sortie) Jules Laurens 44
Choix d'armes, d'instruments et objets divers
persans Jules Laurens 45
Le Démavend Jules Laurens 48
Vue de l'île Saint-Thomas de Bérard 49
Saint-Pierre, à la Martinique de Bérard 52
Cataracte de Weinachts (Guyane anglaise) de Bérard 53
Une sucrerie à la Guadeloupe de Bérard 56
La Pointe-à-Pître, à la Guadeloupe de Bérard 57
Le port d'Espagne, à la Trinidad de Bérard 60
La baie de Panama de Bérard 61
Vue des Bermudes de Bérard 64
Costumes norvégiens d'Hitterdal Pelcoq 65
La vallée de Bolkesjö Doré 68
Costumes du Télémark Pelcoq 69
La vallée de Vestfjordal Doré 72
Intérieur d'auberge à Bolkesjö Lancelot 73
Église d'Hitterdal Wormser 75
Le Rjukandfoss Doré 76
Un chalet à Bamble Lancelot 77
Vue du lac Bandak Doré 80
Le lac Flatdal Doré 81
Fjord de Gudvangen Doré 84
Église de Bakke Doré 85
Route de Stalheim Doré 88
Le Vöringfoss Doré 89
Vallée de l'Heimdal Doré 92
Femme du Sogn Pelcoq 93
Une noce en Norvége Pelcoq 96
Le marché aux grains (Suez) Karl Girardet 97
Port de Suez Karl Girardet 100
Cimetière européen à Suez Karl Girardet 100
Qosséir Karl Girardet 101
Djeddah Karl Girardet 101
Port de Souakin Karl Girardet 101
Mosquée de Salonique Karl Girardet 104
Femmes albanaises, près d'un arabas,
à Vasilika Villevieille 105
Un Juif de Salonique Bida 108
Une Juive de Salonique Bida 109
Sceau du monastère de Kariès 111
Vue générale de mont Athos Villevieille 112
Le Conseil des Épistates au mont Athos Boulanger 113
Saint Georges (fresque de Panselinos dans le
Catholicon de Kariès) Pelcoq 116
Monastère d'Iveron Karl Girardet 117
L'higoumène d'Iveron Pelcoq 120
La Phiale ou le Baptistère du couvent de Lavra Lancelot 121
Croix sculptée en bois dans le trésor de Kariès Thérond 124
Coffret dans le trésor de Kariès Thérond 125
Peinture de la trapeza de Lavra: les trois patriarches Thérond 128
La confession Bida 129
Bas-relief du couvent de Vatopédi A. Proust 130
Albanais, soldat de la garde des Épistates Villevieille 132
Vue du couvent d'Esphigmenou Karl Girardet 133
Intérieur de la cour principale du couvent slave
de Kiliandari Lancelot 136
La récolte des noisettes au mont Athos Villevieille 137
L'île Chatam, dans l'archipel Galapagos E. de Bérard 140
Baie de la Poste, dans l'île Floriana
(archipel Galapagos) E. de Bérard 140
L'île Charles, dans l'archipel Galapagos E. de Bérard 141
Aiguade de l'île Charles (archipel Galapagos) E. de Bérard 144
Oiseaux et reptile (archipel Galapagos) Rouyer 145
Côtes de l'île Albermale, dans l'archipel
Galapagos E. de Bérard 148
Oeno, dans l'archipel Pomotou (îles à coraux) E. de Bérard 149
Village de Vanou, dans l'île de Vanikoro
(îles à coraux) E. de Bérard 149
Baie de Manevai, dans l'île de Vanikoro
(îles à coraux) E. de Bérard 152
Récifs et piton de l'île de Borabora
(îles à coraux) E. de Bérard 153
Rade et pic de l'île de Borabora (îles à coraux) E. de Bérard 156
Île de Whitsunday, dans l'archipel Pomotou
(îles à coraux) E. de Bérard 157
Brun-Rollet Fath 160
Traîneau yakoute Victor Adam 161
Une sorcière tongouse Victor Adam 164
Port d'Okhotsk Victor Adam 165
Bazar de Nertchinsk Victor Adam 168
Colonie ou village yakoute Victor Adam 169
Voyageur russe en Sibérie Victor Adam 172
Argali (mouton sauvage) Victor Adam 173
Campement de Tongouses Victor Adam 176
Chamans yakoutes Victor Adam 177
Femme yakoute Victor Adam 180
Poteaux des frontières du pays des Yakoutes et
de la Chine Victor Adam 181
Types indigènes (Australie du Sud) G. Fath 184
Sépultures australiennes dans les bois Lancelot 185
Sépulture australienne au désert Doré 189
Restes d'un voyageur retrouvés par ses compagnons
dans les déserts du lac Torrens Doré 192
Oasis d'Éderi (Fezzan) Rouargue 193
Mourzouk (capitale du Fezzan) Rouargue 196
Gorge d'Agueri Lancelot 197
Vallée d'Auderaz Rouargue 200
Vue d'Agadez Lancelot 201
Vue de Kano (entrepôt du Soudan central) Lancelot 204
Dendal ou boulevard de Kouka (capitale du Bornou) Lancelot 205
Vue du lac Tchad Rouargue 208
Village marghi Rouargue 209
Halte dans une forêt du Marghi Rouargue 212
Village mosgou Rouargue 213
Chef mosgovien Rouargue 216
Intérieur d'une habitation mosgovienne Rouargue 217
Chef kanembou Rouargue 220
Entrée du sultan de Baghirmi dans Maséna
(sa capitale) Rouargue 221
Une razzia à Barea (Mosgou) Rouargue 224
Vue du marché de Sokoto Hadamard 225
Bac sur le Niger, à Say Rouargue 228
Vue des monts Homboris Lancelot 229
Village sonray Lancelot 232
Vue de Kabra (port de Tembouctou) Rouargue 233
Camp touareg Lancelot 236
Arrivée à Tembouctou Lancelot 237
Vue générale de Tembouctou Lancelot 240
Portrait en pied du baron de Wogan en costume
de voyage J. Pelcoq 241
Grass-Valley J. Pelcoq 244
Un claim ou atelier de mineur J. Pelcoq 245
Forêt de _taxodium giganteum_ ou pins géants Lancelot 248
Un cañon ou passage de la Sierra-Wah Lancelot 249
La case du jugement J. Pelcoq 252
Le poteau de la guerre J. Pelcoq 253
Types d'Indiennes du Rio-Colorado J. Pelcoq 256
Grande pagode de Rangoun Français 257
Bateau à voile sur l'Irawady Cliché anglais 258
Canot de parade Cliché anglais 259
Bateau de commerce Cliché anglais 259
Birmans dans une forêt J. Pelcoq 261
Pattshaing ou tambour-harmonica Cliché anglais 262
Pattshaing à baguettes Cliché anglais 262
Harpe birmane Cliché anglais 263
Harmonica birman Cliché anglais 263
Pagode à Pagán Cliché anglais 264
Représentation théâtrale dans le royaume d'Ava Hadamard 265
Dagobah ou pagode en forme de cloche Cliché anglais 266
Intérieur d'une pagode Cliché anglais 267
Maison de l'ambassade à Amarapoura Cliché anglais 268
Vallée des puits de bitume Karl Girardet 269
Types de grands seigneurs et hauts fonctionnaires
birmans Morin 272
Le palais du roi et l'éléphant blanc Navlet 273
Sculptures comiques dans le monastère royal à
Amarapoura Lancelot 276
Vue du Maha-Toolut-Boungyo (monastère royal à
Amarapoura) Lancelot 277
Détails intérieurs du Maha-comiye-peima à Amarapoura Navlet 281
Une porte à Amarapoura Cliché anglais 284
Canon birman Cliché anglais 284
Danse des éléphants Cliché anglais 284
Canal d'irrigation dans le royaume d'Ava Cliché anglais 285
Jeunes dames birmanes Morin 288
Le temple du Dragon Lancelot 289
Rives de l'Irawady (près des mines de rubis) Cliché anglais 292
Petite pagode à Mengoun Cliché anglais 292
Grand temple de Mengoun (depuis le tremblement
de terre de 1839) Karl Girardet 293
Vallée de l'Irawady au confluent du Myit-Nge Paul Huet 297
Temple ruiné à Pagán Lancelot 300
Salces ou volcans de boue à Membo Cliché anglais 301
Cônes volcaniques dans la plaine de Membo Cliché anglais 301
Paysans birmans en voyage Cliché anglais 302
Statue gigantesque de Bouddha à Amarapoura Lancelot 304
Zanzibar vue de la mer E. de Bérard 305
Portrait de feu l'iman de Zanzibar E. de Bérard 308
Pont de la ville de Zanzibar E. de Bérard 309
Un village de la Mrima Lavieille 312
Jihoué la Mkoa ou la roche ronde Cliché anglais 313
La fontaine qui bout (source thermale dans le
Khoutou) Cliché anglais 313
Sycomore africain Cliché anglais 314
L'Ougogo Cliché anglais 315
Burton et ses compagnons en marche Lavieille 316
Chaîne côtière de l'Afrique occidentale Lavieille 317
Passe dans l'Ousagara Lavieille 320
Paysage dans l'Ounyamouézi Lavieille 321
Noirs de l'Ousumboua G. Boulanger 324
Huttes à Mséné Lavieille 325
Nègres porteurs G. Boulanger 328
Noir de l'Ouganda G. Boulanger 329
Habitation de Snay ben Amir à Kazeh Lavieille 332
Jeunes dames à Kazeh G. Boulanger 333
Coiffures des indigènes de l'Ounyanyembé Cliché anglais 334
Coiffures des indigènes de l'Oujiji Cliché anglais 335
Maison des étrangers à Kaouélé Lavieille 336
Navigation sur le lac Tanganyika Lavieille 337
Le capitaine Burton sur le lac Tanganyika Lavieille 339
Habitation au bord du lac Tanganyika Lavieille 340
Le bassin du Maroro Lavieille 341
Instruments et ustensiles des Ouajiji Cliché anglais 342
Riverains du Tanganyika (côté ouest) Cliché anglais 343
Riverains du Tanganyika (côté sud) Cliché anglais 343
Le bassin du Kisanga Lavieille 344
Végétation de l'Ougogi Lavieille 345
Passe de l'Ouzagara Cliché anglais 346
Rocher de l'Éléphant près du cap Gardafui Cliché anglais 347
Dernier établissement égyptien dans le Fazogl Lancelot 348
Contrée des Shelouks sur le Saubat Lancelot 349
Bélénia (village bari sur le fleuve Blanc) Lancelot 352
Habitants de la Havane Potin 353
Coolies chinois à Cuba Pelcoq 356
Vue générale de la Havane (capitale de Cuba) Lancelot 357
Avenue de palmiers devant une habitation de Cuba E. de Bérard 360
Cathédrale de la Havane Navlet 361
La volante (voiture de la Havane) Victor Adam 363
Vue de Matanzas Lancelot 364
Paysage dans l'île de Cuba: Loma (coteau)
de Candela Paul Huet 365
Paysage dans l'île de Cuba (Loma de la Givora) Paul Huet 368
Grenoble et les Alpes dauphinoises Karl Girardet 369
Les Grands Goulets Karl Girardet 372
Pont-en-Royans Doré 373
Sainte-Croix et les ruines du château de Quint Karl Girardet 376
Die et la vallée de Roumeyer (vue prise des
hauteurs de Saint-Justin) Français 377
Le Mont-Aiguille (vu de Clelles) Daubigny 380
Pontaix Karl Girardet 381
Roumeyer et le mont Glandaz Français 384
Entrée de la vallée de Roumeyer Karl Girardet 385
La vallée de Léoncel Karl Girardet 388
La vallée de la Véoure et de la plaine du Rhône
(vue prise des hauteurs de la Vacherie) Karl Girardet 389
Beaufort Français 392
La forêt de Saou Sabatier 394
Poët-Cellard Karl Girardet 395
Bourdeaux Karl Girardet 396
Le Velan et Plan-de-Baix (vue des sources
du Ruïdoux) Karl Girardet 397
Cascade de la Druïse Karl Girardet 398
La gorge de Trente-Pas Karl Girardet 400
Le mont Viso Sabatier 401
Le pont du Diable Sabatier 405
Le lac de l'Échauda Sabatier 408
Le Pelvoux Sabatier 409
Le mont Aurouze Français 412
Les montagnes du Devoluy Karl Girardet 413
Ruines de la Chartreuse de Durbon Karl Girardet 416
CARTES ET PLANS.
Carte de la Sicile, par M. A. Vuillemin. 3
Carte de la Perse, par M. A. Vuillemin. 19
Carte des grandes et petites Antilles, par M. A. Vuillemin. 51
Carte du haut Télémark (Norvége méridionale), d'après
M. Paul Riant. 67
Carte de la presqu'île de Bergen, d'après M. Paul Riant. 83
Carte de la Chalcidique, par M. A. Vuillemin. 115
Partie du gouvernement d'Yakoutsk, par Piadischeff. 167
Carte de l'Australie, par M. A. Vuillemin. 187
Carte des voyages du docteur Henri Barth en Afrique (partie
orientale) d'après M. de Lanoye. 195
Voyage du docteur Barth (Itinéraire de Sokoto à Tembouctou),
par M. A. Vuillemin. 234
Carte du cours inférieur de l'Irawady comprenant les possessions
britanniques et la partie sud du royaume d'Ava, d'après le
capitaine H. Yule. 260
Plan d'Amarapoura et de sa banlieue, d'après les relevés du
major Grant Allan. 280
Carte du cours supérieur de l'Irawady et partie nord du royaume
d'Ava, d'après le cap. Yule. 296
Carte du voyage de Burton et Speke aux grands lacs de l'Afrique
orientale (Itinéraire de Zanzibar à Kazeh). 307
Carte du voyage de Burton et Speke aux grands lacs de l'Afrique
orientale (2e partie). 338
Carte de l'île de Cuba, par M. A. Vuillemin. 355
Carte du Dauphiné (partie occidentale: Isère et Drôme),
par M. A. Vuillemin. 371
Carte du Dauphiné (partie orientale: Isère et Hautes-Alpes),
par M. A. Vuillemin. 404
ERRATA.
I. Sous le titre _Voyage d'un naturaliste_, pages 139 et 146, on
a imprimé: (1858.--INÉDIT).--Cette date et cette qualification ne
peuvent s'appliquer qu'à la traduction.
La note qui commence la page 139 donne la date du voyage (1838)
et avertit les lecteurs que le texte a été publié en anglais.
II. Dans un certain nombre d'exemplaires, le voyage du capitaine
Burton AUX GRANDS LACS DE L'AFRIQUE ORIENTALE, 1re partie,
46e livraison, le mot ORIENTALE se trouve remplacé par celui
d'OCCIDENTALE.
III. On a omis, sous les titres de _Juif_ et _Juive de
Salonique_, dessins de Bida, pages 108 et 109, la mention
suivante: d'après M. A. Proust.
IV. On a également omis de donner, à la page 146, la description
des oiseaux et du reptile de l'archipel des Galapagos représentés
sur la page 145. Nous réparons cette omission:
1º _Tanagra Darwinii_, variété du genre des
_Tanagras_ très-nombreux en Amérique. Ces oiseaux ne diffèrent de
nos moineaux, dont ils ont à peu près les habitudes, que par la
brillante diversité des couleurs et par les échancrures de la
mandibule supérieure de leur bec.
2º _Cactornis assimilis:_ Darwin le nomme _Tisseim des
Galapagos_, où l'on peut le voir souvent grimper autour des
fleurs du grand cactus. Il appartient particulièrement à l'île
Saint-Charles. Des treize espèces du genre _pinson_, que le
naturaliste trouva dans cet archipel, chacune semble affectée à
une île en particulier.
3º _Pyrocephalus nanus_, très-joli petit oiseau du
sous-genre _muscicapa_, gobe-mouches, tyrans ou moucherolles. Le
mâle de cette variété a une tête de feu. Il hante à la fois les
bois humides des plus hautes parties des îles _Galapagos_ et les
districts arides et rocailleux.
4º _Sylvicola aureola._ Ce charmant oiseau, d'un jaune
d'or, appartient aux îles Galapagos.
5º Le _Leiocephalus grayii_ est l'une des nombreuses
nouveautés rapportées par les navigateurs du _Beagle_. Dans le
pays on le nomme _holotropis_, et moins curieux peut-être que
l'_amblyrhinchus_, il est cependant remarquable en ce que c'est
un des plus beaux sauriens, sinon le plus beau saurien qui
existe.
Le saurien _amblyrhinchus cristatus_, que nous reproduisons ici,
est décrit dans le texte, page 147.
[Illustration: _Amblyrhinchus cristatus_, iguane des îles Galapagos.]
* * * * *
IMPRIMERIE GÉNÉRALE DE CH. LAHURE
Rue de Fleurus, 9, à Paris.
* * * * *Project Gutenberg
Le Tour du Monde; Australie Journal des voyages et des voyageurs; 2. sem. 1860
Various